Oran bichonnée, Oran… délaissée
C’est à une véritable course contre la montre que se sont livrés les autorités locales ces derniers jours pour qu’Oran soit belle pour recevoir le président de la République. Une visite de trois jours, qui débutera ce lundi 30 juillet.
 A travers El-Bahia, au niveau des artères où passera le cortège présidentiel des employés de la commune et ceux relevant des entreprises engagées pour les travaux d’aménagement et d’embellissements sont à l’œuvre. Toutefois, le passant peut facilement reconnaître l’artère qu’empruntera le chef de l’Etat de celle qu’il ne verra même pas tellement la différence est criarde car la première est pomponnée avec un tapis neuf, des trottoirs fraîchement peints tandis que la seconde peut toujours supporter ses nids de poules, ses tranchées affaissées… Cet état de fait indigne au plus haut point le citoyen. «On n’est pas contre le fait qu’on bichonne Oran pour la visite du président, mais on est contre le fait que l’embellissement et l’aménagement ne se fasse à une telle cadence qu’en prévision de la visite d’un hôte de marque», diront quelques Oranais rencontrés. D’autres interrogés à ce propos ne cacheront pas, à leur tour, leur déception.
«On a l’impression que l’embellissement de la ville est otage des visites présidentielles ou royales. Lorsqu’on constate ce type de travaux à travers la ville, on se rend compte qu’il y a une visite dans l’air». Nos interlocuteurs rappelleront les travaux entrepris à l’occasion de la visite du roi Juan Carlos et du président Bouteflika à Oran. «Des travaux, à un rythme marathonien, ont été menés et ont touché les mêmes artères de la ville. Des centaines de millions ont été dépensées pour des artères où le cortège royale est passé en flèche». D’autres citoyens n’hésitent pas à dire qu’il y a «une note d’hypocrisie dans l’air. Lorsque il y va des doléances des citoyens pour l’entretien de telle ou telle route ou de tel espace vert, on invoque le manque de moyens financiers, mais lorsqu’une visite est en vue les moyens deviennent subitement disponibles. Mieux encore tout les responsables sont sur le terrain pour superviser l’avancement des travaux. Pourquoi n’en est-il pas ainsi pour les autres projets? Pourquoi ne veille-t-on pas toujours au respect des délais de réalisation?»
Toutes ces interrogations désolent les Oranais que nous avons abordés. Ceux d’entre ces derniers sont ravis, tout de même, de la visite du président de la République. «Au moins elle aura servi à embellir Oran. On espère seulement, qu’un de ces quatre, on inscrive un quartier populaire au programme de ces visites pour qu’on leur assure un budget spécial». Y a-t-il quelqu’un là haut pour lire et comprendre ces cris de détresse?
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com