Oran

Construction: L'Etat veut faire le ménage



Une loi devant régulariser les constructions illicites doit être présentée à l'Assemblée populaire nationale (APN), a déclaré le ministre de l'Habitat et de l'Urbanisme, Noureddine Moussa, lors de sa rencontre, hier, avec les directeurs de l'urbanisme et de la construction (DUC) des 48 wilayas. Cette rencontre, consacrée à « l'examen des bilans relatifs à la viabilisation des sites de logements, à l'amélioration urbaine et aux instruments et actes d'urbanisme », a été une occasion pour faire le point sur les insuffisances liées à la qualité urbaine et à la viabilisation des sites. Le ministre a insisté sur l'amélioration urbaine qui constitue l'une des priorités dans la construction pour les années à venir. Pour cela, le ministre a donné des directives sur certains aspects devant être pris en considération dans tous les projets de construction. Le respect des spécificités architecturales des régions, le choix du sol devant constituer les futures assiettes de construction, la refonte du plan directeur d'aménagement urbain (PDAU), ce sont là quelques éléments sur lesquels se sont penchés hier les directeurs de l'urbanisme des 48 wilayas. 300 milliards de dinars sont alloués par l'Etat pour l'amélioration des sites, a déclaré le ministre. Revenant à la loi relative à la régularisation des constructions illicites ou en violation des règlements en vigueur, le ministre a indiqué qu'il est question de « les régulariser par une loi qui sera votée par le Parlement. Une loi qui édictera également des mesures draconiennes afin que les situations de fait accompli ne se reproduisent plus ». Selon les statistiques, 71.429 infractions ont été relevées entre 2005 et le 1er trimestre 2008. Ces infractions représentent les constructions sans permis de construire et la construction non conforme aux permis de construire. Les démolitions pour cette même période ont concerné plus de 10.000 unités. Quant aux affaires portées devant la justice par le ministère de l'Urbanisme pour irrégularité et illégalité, elles sont au nombre de 4.590. Le ministre indiquera qu'« il ne sera plus toléré de laisser quiconque faire tout ce qu'il veut de sa terre. Cette situation à engendré une anarchie urbanistique à l'origine de violences et de maux sociaux ». Les citoyens devant être régularisés disposeront, à partir de la promulgation de la dite loi, de 5 années pour régulariser leur situation. Concernant les sinistrés de Boumerdès, Noureddine Moussa affirme que toutes les familles ont été relogées, sauf celles ayant refusé leur nouveau lieu d'habitation. Le ministre indiquera qu'il est impossible dans ce genre de situation de satisfaire tout le monde. « 1.500 logements construits dans le cadre du programme de 8.000 logements lancé pour reloger les victimes du séisme de Boumerdès ne sont pas encore occupés», affirment des sources du ministère. Par ailleurs, concernant les indices des prix des matériaux de construction du dernier trimestre 2007, ils seront publiés d'ici la fin du mois de mai, alors que ceux du 3ème trimestre ont été publiés, a indiqué hier à l'APS le ministre de l'Habitat. Ces indices des prix permettent l'actualisation des coûts contractuels des projets de réalisation de l'habitat. Quant aux indices des prix du premier trimestre 2008, ils seront publiés avant fin juin, a ajouté le ministre. La publication de ces indices devra permettre à toutes les entreprises du BTPH de régulariser leur situation financière suite à l'envolée des prix des matériaux de construction. En effet, rappelle-t-on, cette hausse des prix s'est traduite par l'arrêt de plusieurs chantiers et avait amené plusieurs opérateurs à ne pas prendre de marchés à l'exception de ceux relatifs aux travaux d'aménagement qui ne consomment pas beaucoup de ciment. En conséquence, des associations d'entrepreneurs avaient revendiqué l'actualisation des prix contractuels de réalisation en appelant le ministère des Finances à publier ces indices. Interrogé pour savoir si cette régularisation financière va s'élargir aux marchés fermes non révisables, le ministre a répondu que son département est pour le «principe d'actualisation de ces contrats», en indiquant que son département oeuvre actuellement pour «budgétiser cette opération», c'est-à-dire connaître les coûts de cette actualisation pour pouvoir l'inscrire dans la prochaine loi de finances.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)