Avec 7,4 milliards de dollars promis, lundi, dans la capitale française par les pays donateurs pour soutenir «l'établissement d'un Etat palestinien», avant la fin de 2008, comme stipulé dans l'accord d'Annapolis (Etats-Unis), la Conférence de Paris a dépassé les attentes palestiniennes de 5,6 milliards. Mais ce «succès», en terme financier, ne doit pas cacher la réalité du terrain dans la bande de Ghaza et en Cisjordanie où les restrictions imposées par Israël qui veut poursuivre, de surcroît, la construction de nouvelles colonies, précipitent la dégradation de la situation socio-économique de toute une population.La déléguée générale de Palestine en France, Mme. Hind Khoury, s'est félicitée, certes, du «succès aussi bien économique que politique» de cette conférence. Mais elle a ajouté, dans une déclaration au «Quotidien d'Oran», qu'il faut que «ce progrès» soit accompagné «impérativement de la levée des restrictions imposées par Israël en Cisjordanie et dans la bande de Ghaza». La conférence de Paris était «un succès non seulement sur le plan économique mais également en terme de soutien politique (...) Mais il faut qu'Israël retire ses check points en Cisjordanie, lève le blocus de la bande de Ghaza et arrête la construction du mur et des colonies. Les déclarations faites lors de la Conférence de Paris ont insisté sur ce point», a souligné Mme. Khoury. Cette exigence a été exprimée par le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors de cette conférence. Il a plaidé pour l'arrêt de «toutes les activités de colonisation sans exception» dans les territoires palestiniens. «Je m'attends à un arrêt de toutes les activités de colonisation sans exception, au démantèlement des 127 colonies sauvages érigées depuis 2001, à la réouverture des institutions palestiniennes fermées à Jérusalem, à la levée des barrages militaires, à l'arrêt de la construction de la barrière de séparation et la libération des prisonniers», a-t-il déclaré. Â Et pour le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, qui a présenté un plan pour construire des infrastructures, améliorer les conditions de vie et créer des emplois, «il est impératif qu'Israël retire ses 560 check points en Cisjordanie et lève le siège sur la bande de Ghaza». De son côté, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a appelé les donateurs à «investir maintenant» et à «investir massivement». A l'heure actuelle quelque «80% de la population de Gaza sont des bénéficiaires directs de l'assistance alimentaire des Nations unies», dira-t-il pour appuyer son appel. Le même appel a été lancé par le Président français, Nicolas Sarkozy, qui a exhorté la communauté internationale à «apporter un soutien concret», ajoutant qu'«un effort financier exceptionnel est réclamé» de la part des donateurs. Le chef de l'Etat français a proposé, par ailleurs, «le déploiement, le moment venu et lorsque les conditions seront réunies, d'une force internationale qui viendrait en appui aux services de sécurité palestiniens». Cette conférence qui constitue le volet économique de celle d'Annapolis (27 novembre dernier), donne, selon Mme. Khoury, «un peu d'espoir». Mais «les Palestiniens restent très prudents», en raison de l'échec d'autres initiatives du genre, dont la conférence de 1996, organisée dans le sillage des accords d'Oslo (1993). Des engagements de centaines de millions, voire de plusieurs milliards de dollars, sont restés sans lendemain. Entre temps, la situation des Palestiniens n'a cessé de se détériorer. La Banque mondiale a estimé que l'économie palestinienne ne serait relancée qu'à condition qu'Israël lève ses barrages et son blocus qui paralysent la circulation et l'économie locale. Et selon une enquête du Programme d'alimentation mondial (PAM), publiée cette semaine, le revenu moyen par foyer, à Ghaza, a régressé de 30%, ces six derniers mois et dans environ 70% des foyers de personnes non réfugiées, on doit vivre au quotidien avec moins de 1,2 dollar par personne. Les 7,4 milliards de dollars promis à Paris doivent financer le plan de «réformes et de développement» établi par le Premier ministre palestinien sur 3 ans. 70% de cette aide servira à payer les frais de fonctionnement de l'Autorité palestinienne pour 2008-2010 et 30% à financer des projets de développement.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : L'un De Nos Correspondants A Paris: M Amina
Source : www.lequotidien-oran.com