La bombe à retardement
Tout en criant au loup, le Maroc est en train de transformer la région en poudrière. Le palais royal tourne le dos et aux résolutions de l’ONU et au plan de paix, approuvés pourtant par toutes les puissances. Il refuse l’autodétermination sous prétexte qu’il est difficile de déterminer qui est ou non Sahraoui, et en profite pour présenter son propre plan qui n’est autre que l’antithèse des principes défendus par un peuple qui se bat depuis plus de 32 ans pour sa liberté. Le «oui» des Marocains à la tenue de discussions directes à Manhasset, en Amérique, avec les Sahraouis, n’est qu’une des nombreuses manœuvres pour faire traîner les choses. Les rounds, dont le résultat est connu à l’avance, ne visent qu’à tromper l’opinion internationale et à donner des gages de «bonne volonté» à une communauté internationale qui a pris fait et cause pour l’annexion. Le problème du Sahara occidental est une simple question de décolonisation, pourtant. Quand les troupes espagnoles avaient plié bagages en 1975, aucun Marocain ne résidait dans ce désert qui ne vaut que par les gisements de minerais qu’il recèle. Le Maroc ne comptait aucune colonie et ne disposait d’aucune force militaire sur place. Ce sera le départ de l’occupant espagnol qui poussera le défunt Hassan II à organiser «sa» marche verte pour peupler une région afin de prouver qu’elle lui appartient. Combien de Marocains qui s’étaient «lancés» un Coran à la main et le portrait du roi dans l’autre, habitent encore Smara, Layoune ou Tifariti? Soutenu par des puissances qui n’ont pas intérêt à voir un problème de décolonisation trouver solution, même s’il est situé en Afrique, pour éviter de se retrouver confrontées à un autre plus complexe; ces puissances influentes assurent au Maroc logistique et lui témoignent une solidarité suspecte que ne peut justifier la seule revendication territoriale. Traités, partenariat et accords de défense stratégique réciproque sont signés pour signifier que le Maroc n’est pas seul. Il est ainsi en train de s’armer d’une manière inquiétante. Et si les Sahraouis n’ont pas repris les armes, alors qu’ils ont à plusieurs fois menacé d’y recourir, c’est parce que le temps joue en leur faveur, le Maroc étant incapable de mener une politique de colonisation soutenue. Il a tout à y perdre: ses moyens financiers qu’il utilise pour se surarmer, son potentiel humain qui n’est plus dans la logique de la monarchie tant aimée et une contestation qui s’étend à tous les secteurs. En fait, le Maroc sait que des problèmes politiques internes le minent et risquent de le plonger dans une guerre civile aux conséquences pires que celles qui a frappé le Liban s’il venait à se désengager du Sahara.
Miloud Horr
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com