Oran - Revue de Presse

Cheïkh Abiras Ennaciri



Un génie au talent reconnu Parmi les grandes personnalités qui ont marqué de leur empreinte la ville de Mascara par le savoir et le génie, on peut citer sans hésitation l’illustre savant et homme de culture Mohamed Bouras El Maässacri connu par l’appellation Abiras Ennaciri. Il est né en 1792 et décédé en 1822. Le mausolée qui se dresse à l’entrée du quartier populaire de Baba-Ali, est le lieu où repose le Cheïkh et où une petite mosquée a été réalisée en signe de reconnaissance pour son savoir. Né dans un lieu rural, très pauvre, son père est natif de la région montagneuse de Djebel Kersout (ouest algérien) région dans laquelle sa mère Zaoula, une femme très cultivée mourut. Ceux qui ont connu cette dame ne tarissaient pas d’éloges à son égard en la comparant à «Rabiâ El-adawiya». Peu de temps après la disparition de Zaoula, le père qui enseignait le coran rendit l’âme. Trop jeune encore, Mohamed Bouras connut la pauvreté et l’orphelinat: il a été pris en charge par son frère aîné, Abdelkader qui l’emmena avec lui au Maroc. Profitant de son séjour au Maroc, Bouras apprendra le coran qui lui servira d’instruction de base. Une fois de retour à Mascara, il rencontra un grand érudit en la personne de Cheïkh Abdelkader El-Mecherfi, dont il devient très vite un disciple et un dévoué compagnon. Leurs relations de travail ont duré assez longtemps. Il côtoya d’autres maîtres tels que le Cheïkh Mohamed Benali Abou Taleb, le Cheïkh Mohamed Essoubaidi ainsi que le poète, Ibrahim Erriadi. Sur leurs conseils, il se rend à Fès, à Tunis et en Egypte avant d’effectuer le pèlerinage. Il séjourna au Hidjaz, à El Qods, en Syrie et à Ghaza. Ces voyages lui permirent de développer ses capacités et approfondir ses connaissances dans la lecture et la recherche. Les grands maîtres de l’époque saluèrent son talent et il fut convié par les gouvernants pour les consultations. Les Beys de l’ouest algérien lui vouèrent une admiration particulière au point où ils lui érigèrent une maison dans laquelle il professait en s’inspirant des enseignements contenus dans les quatre rites. En guise de récompense, il bénéficia d’une bibliothèque qui faisait office d’auditorium qui ne désemplissait jamais. Il est l’auteur de 117 œuvres qu’il énuméra lui-même dans un ouvrage. Ses ouvrages traitent essentiellement de la théologie, du hadith, du fikh, de la littérature, de la géographie et l’astronomie. Dans son livre «Raoud El Kintas» il s’intéresse à l’histoire du Maghreb du 8e siècle de l’Hégire jusqu’au début du 13e siècle, ainsi qu’à l’histoire de la dynastie «Saâdienne», de la reprise d’Oran par le Bey El-Kébir. On rapporte également que Mohamed Bouras avait participé en tant que combattant aux côtés du Bey Mohamed Ben Othmane lors des expéditions pour la prise d’Oran, occupée en ce temps là par les Espagnols et c’est là où des centaines de personnes venant de la région de Mascara sont restés définitivement à Oran. Aussi Mohamed Bouras contribua à l’exercice de la justice musulmane comme il était le Caïd de la ville dont il s’acquitta avec une grande compétence. Parmi les plus célèbres disciples de Mohamed Bouras, il y avait le Cheïkh Mohamed Benali Senouci et surtout l’illustre l’Emir Abdelkader Ibn Mahiedine qui prendra plus tard la tête du mouvement de résistance contre l’invasion française. Pour son savoir et sa science, les oulémas du Machrek devaient consacrer Mohamed Bouras de «Cheïkh de l’Islam» et protecteur du Maghreb El-Awsset. L’Erudit est mort, peu de temps avant l’agression de notre pays par l’armée coloniale française. Sa bibliothèque fut ravagée et pillée par des colons. Ce génie au talent manifeste n’est connu que par son mausolée. En 1976, un lycée a été baptisé de son nom puis la Maison de la Culture de Mascara et un Centre culturel à Oued Taria tout récemment. Il a eu pour descendance une fille qui s’est mariée à Mazouna et qui a porté un fils, devenu lui aussi, illustre et savant en Islam. A. Aouimeur
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)