Il faut vous dire que juste avant que le mal de dent ne se manifeste et que votre serviteur ne décide d'aller acheter le Livre sacré pour y apprendre le Coran, il s'était préparé, lui aussi, à la bataille de la bouffe du Ramadhan. Comme tout le monde, j'avais mes belles listes prêtes, couchées sur du papier de luxe ainsi que mes plans de razzias : commencer, d'abord, par écumer les superettes, ensuite les boucheries et, enfin, les étals des marchés. Aucun détail n'avait été omis.
Mais, hélas, je n'ai pas eu le loisir de remettre à l'épreuve mon bel apprentissage militaire. Adieu, veaux, vaches, merguez et L'ham hlou...C'est que mon abcès dentaire a installé sa charrette avant mes b'ufs... congelés. Les douleurs atroces de ma pauvre et dernière dent de ce qui me reste de sagesse, ont fait tout foirer. Pendant que la douleur tutoyait des cimes impossibles, une vrille monstrueuse tournait à vide dans mon crâne, passablement, endolori. Le summum de la souffrance ! Les trucs vicelards du « Deuxième bureau » de Bigeard et consorts, n'étaient rien à côté du mal qui irradiait tout mon corps et écrabouillait ma sagesse. C'est aussi cet aspect des choses, cette souffrance morale qui ajoutait à ma souffrance physique.
Devant un mal de dent que, de surcroît, les interdits du Ramadhan vous empêchent de soigner à temps, qu'est-ce qui vous reste ' Aller acheter le Livre sacré pour y apprendre le Coran en espérant que les versets saints vous serviront de tranquillisants. En attendant, vous n'avez plus goût à rien. Même plus celui de chercher la petite bête à votre femme à propos du manque de sel dans la chorba, de cumin dans le Mthewem ou de flan au chocolat mal dosé. D'ailleurs, vous avez passablement foutu en l'air le Ramadhan de votre pauvre femme qui vous suit, avec ses compresses chaudes et ses ardentes prières, afin d'apaiser, peut-être, votre mal. Du reste, en ce moment, toutes ces douces choses qui font la joie du Ramadhan et de l''sophage vous paraissent si dérisoires ! Menaçantes même : de la zlabia sur la table ' Au secours ! Des pruneaux tendres et gorgés de sucres ' Mais, cachez-moi, donc, ces « choses » monstrueuses et agressives...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Horizons
Source : www.horizons-dz.com