En France, la victoire dimanche de l'opposition socialisteaux municipales, huit mois seulement après l'arrivée à l'Elysée de NicolasSarkozy, est la confirmation du désenchantement qui s'est vite emparé des Françaisen un laps de temps très court. Consécutivement à la façon dont leur nouveauprésident s'est mis à exercer sa fonction et à l'orientation antisociale demesures dont il a pris l'initiative, pour censément réformer l'Etat etfavoriser la relance de son économie.La défaite du camp sarkozyste, quirisque de s'amplifier à l'occasion du second tour du scrutin, contredit leprincipe pourtant vérifié depuis la fondation de la Vème République qui veut qu'après une élection présidentielle, lespartisans du vainqueur bénéficient d'un effet d'entraînement favorable provoquépar celle-ci. Par conséquent, l'échec de la droite dans un contexte où ceprincipe aurait pu jouer signifie on ne peut plus clairement la nature desanction que les électeurs français ont donnée à leur vote.Nicolas Sarkozy a lui-même créé les conditions qui ont menéses partisans à la défaite. D'abord, par une gouvernance et des comportementsqui ont vite heurté ou dérangé. Ensuite, en disant et faisant dire, quand lessondages lui étaient favorables, que le scrutin des municipales sera à ses yeuxle «deuxième round» de l'élection présidentielle qui plébiscitera l'entame deson action à la tête de la République. Il a eu beau se dédire quand sa popularité s'estsoudainement et gravement effondrée, les Français l'ont pris au mot en«nationalisant» l'enjeu de la consultation électorale de dimanche. De ce fait, lecamouflet infligé à cette occasion par l'électorat français a visé en premierlieu le locataire de l'Elysée plus que l'UMP et sescandidats.Au bout de quelques mois à peine après une électionpourtant triomphale, Nicolas Sarkozy a réussi l'exploit non seulement de«regonfler» une opposition dont on disait qu'elle avait atteint le fond dans ledélitage, mais aussi d'obliger sa majorité à ne pas se revendiquer de son«parrainage» pendant la campagne électorale, tant elle a craint à juste titrede faire les frais de l'anti-sarkozisme redevenu unsentiment partagé pour la majorité des Français.C'est la logique en système démocratique que, même si sonparti a été défait dans le scrutin des municipales, le Président, élu lui ausuffrage universel, conserve la plénitude des pouvoirs que lui confrère la Constitution et ailleau terme de son mandat présidentiel. Il n'en reste pas moins que le présidentfrançais vient d'être sérieusement «rappelé à l'ordre» par l'électorat qui luifait comprendre qu'il ne veut pas d'un «président bling-bling»,d'une politique toute d'improvisations et d'effets d'annonce qui, dans le mêmetemps, est impuissante à régler les problèmes qui sont la priorité dans lespréoccupations des citoyens. Celui par exemple du pouvoir d'achat qui, en sedégradant inexorablement, les plonge dans le désarroi et la peur du lendemain.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com