«Le giflé de
faible caractère respectera toujours celui qu'il lui avait donné la claque»
Les sommets de la
Ligue arabe s'inscrivent dans cette terrible inhibition minutieusement
entretenue par l'Etat d'Israël D'après la légende du christianisme, Judas
Iscariote de Judée était un homme cupide et malhonnête. Il servait d'intendant
à Jésus et ses disciples méprisant les plaisirs de la vie et, donc, ils
dérangeaient ainsi l'ordre établi de l'époque. La tradition chrétienne rapporte
que Judas a trahi le Messie, pour trente pièces d'argent, en le livrant aux autorités
religieuses juives exaspérées par ses prédictions.
Selon des versions de part et d'autre, Judas
lui donna un baiser sur la joue gauche peu avant qu'il soit trahi et remis au
grand Rabbin de Jérusalem Caïphe, lequel, pour sa part, était plus soucieux de
la liberté de sa communauté de l'emprise romaine que du besoin d'une nouvelle
religion et, de ce fait, va le mettre, après un « jugement » du collège des
rabbins, à la disposition de Ponce Pilate Gouverneur romain exécutant ainsi la
sentence au mont Golgotha à Jérusalem : ville de la paix en araméen. Jésus
portât lui même la Croix jusqu'au lieu de la crucifixion conformément aux
traditions romaines. Un parcours émouvant ! Judas aurait assené une gifle sur
la joue droite de Jésus ainsi crucifié un Vendredi et que le Dimanche serait «
dies dominicus » : jour de la résurrection du Christ.
D'autres traditions judéo-chrétiennes, malgré
toutes les ghettoïsations des communautés juives depuis le premier millénaire
avant l'ère grégorienne et surtout au moyen age en Europe, interprètent
différemment ces événements toujours à l'avantage d'Israël considéré comme le
premier peuple élu par le Seigneur des deux Mondes. A ce propos, le Saint
Coran rapporte dans la Sourate 2, Verset 122 : « Ô enfants d'Israël, rappelez-vous
Mon bienfait dont Je vous ai comblés et que Je vous ai favorisés par-dessus le
reste du monde ».
Et aussi : « Certes, Nous avons donné le
Livre à Moise ; Nous avons envoyés après lui des prophètes successifs. Et nous
avons donné des preuves à Jésus fils de Marie, et Nous l'avons renforcé du
Saint-Esprit. Est-ce qu'à chaque fois, qu'un Messager vous apportait des
vérités contraires à vos souhaits vous vous enfliez d'orgueil ? Vous traitiez
les uns d'imposteurs et vous tuiez les autres ». Sourate 2 Verset 87.
Aux temps actuels, le peuple d'Israël est
disséminé à travers les cinq continents. Après des exactions abaissantes et les
supplices infernaux de la Shoah - un des retournements de l'Histoire humaine -,
exécutée atrocement au 20 é siècle, provoquant la dislocation d'une grande
partie de la diaspora juive désormais attirée par le retour, puissance des USA
y encourageant, vers la terre de toutes les passions. Aux dépens du peuple
palestinien qui avait, en milieu de cette semaine, commémorer la journée de la
terre. Dans l'indifférence des pays arabes !
LES PEUPLES
ARABES EXCLUS PAR LEURS DIRIGEANTS ALORS QUE CELUI PALESTINIEN SE TROUVE
MARGINALISE PAR TOUT LE MONDE
Ce dernier avait livré, par la force des
choses, son destin à ladite nation arabe, depuis la Nekba – désastre – à partir
du 14 Mai 1948 date de la création de l'Etat d' Israël, et demeure à ce jour,
malgré toutes les défaillances d'hier et actuelles, en attente des dirigeants
arabes pour qu'ils puissent prendre une décision musclée afin qu'il soit
rétabli dans ses droits usurpés. Ils ont essaye de par le passé mais toujours
en rangs dispersés et surtout par manque de pugnacité et, notamment, en
empêchant l'essor de la Démocratie dans leurs sociétés respectives en besoin
perpétuel du bien-être existentiel.
Et ce, à cause des veuleries et incompétences
des uns et égocentrismes des autres. Le tout, combiné aux protocoles de toutes
sortes dont les rencontres feutrées et souriantes a chaque sommet se terminant
par d'autres longues salamalecs et de décisions ronflantes accompagnées par des
flonflons, mais que le dernier sommet tenu à Syrte en Libye avait prôné,
semble-t-il, l'abandon de ces jovialités absurdes du fait que les citoyens du
monde arabe et ses élites, toutes obédiences confondues exception faite pour
les laudatrices, ont par-dessus les oreilles (1) de ces démonstrations
clownesques médiatisées de surcroît.
Les mauvaises habitudes sont tellement tenaces.
Comme une tare ! A l'image du vocabulaire selon l'état d'esprit des années
1970, excluant tout dialogue avec « l'entité sioniste » tant que les
territoires occupés ne sont pas restitués en totalité et que Jérusalem
redevient la capitale exclusive de l'Etat palestinien, etc. Terrible retour
d'age se voulant dépassant et charmant. Que des leurres autocratiques !
Pour donner du piment a ce sommet, des
dirigeants arabes, à l'instar de celui de la Libye, avouent sans rougir la
déliquescence de cette ligue et, donc, ils exaspèrent encore plus leurs peuples
déjà désespérés depuis plus d'un demi-siècle. En plus, le Secrétaire général de
la ligue à proposer d'élargir ses contours géographiques à la Turquie et
l'Iran, non pas par bonne intention et sincérité mais par calculs mis en avant
afin de piéger, voire isoler, les fervents adhérents à cette option.
D'ailleurs L'Egypte et l'Arabie saoudite,
considérés comme fer de lance de l'option du statut quo arrangeant les intérêts
stratégiques d'Israël, ont immédiatement refusé cette démarche.
Ce qui va peiner ses concepteurs, souhaitant
mettre fin à cet étouffement programmé des aspirations des générations
actuelles et surtout futures, et achever définitivement tout espoir de
renouveau de cette ligue que certains veulent calquer sur…l'Union européenne !
Que des délires à défaut d'affronter les réalités. Car l'essentiel ne se trouve
pas dans le sigle mais dans le comportement et les actes.
En d'autre terme : dans le fond et non la
forme. Alors qu'ailleurs, dont Israël, c'est tout à fait le contraire qui se
passe : C'est-à-dire, peu de salamalecs conjugués aux paroles tonitruantes,
creuses en réalité, mais, qu'en revanche, beaucoup de décisions effectives et
efficaces minutieusement combinées aux groupes internationaux de pressions.
Quoiqu'ils tenteraient de nous prouver le
contraire des amères réalités actuelles, et ce, sans verser dans le défaitisme,
encore moins d'avoir la manie démobilisatrice, il y a lieu de reconnaître que
le dernier sommet arabe de Syrte en Libye s'inscrit dans l'état d'esprit de
ceux qui l'ont précédé. C'est-à-dire, beaucoup d'embrassades, de
bousbous, et d'emphases dans les discours se suivant a la queue leu leu, tantôt
réconciliateurs et « mobilisateurs » tantôt hypocrites et opportunistes. Le
tout, des bruits pour rien dont l'hypothétique intégration économique, à défaut
de celle politique bel et bien ratée car dépourvue de Démocratie a l'origine,
de l'espace arabe pourtant riche en tout point de vue.
LA DEMOCRATIE RENFORCE
TOUS LES COMBATS ET PERMET AUX CHOIX DES PEUPLES D'ETRE RESPECTES
Pour sa part, le Premier Ministre Israélien,
à quelques jours dudit sommet arabe, est allé visiter le Président des USA.
Comme à la veille de chaque sommet arabe. Des déclarations posément ciblées, de
part et d'autre, font état de soi-disant divergences entre les deux pays pour
en ce qui concerne la poursuite des colonies dans les territoires occupés, et
sur le futur statut de la ville de Jérusalem consacrée capitale d'Israël. Il
fallait bien concéder un «chouia» en termes d'options opposées sciemment mises
en avant, souligne-t-on, alors, qu'en réalité, il ne s'agit que de la poudre
aux yeux. En d'autre terme que du vent pour les uns que nous sommes et du
consistant pour l'enfant gâté : Israël. Ainsi, ces «professions de foi» ont
coïncidé, étonnamment, avec l'adoption houleuse de la loi sur la réorganisation
de la santé publique par le Congres américain, après le blocage de plusieurs
mois minutieusement orchestré par le lobby des républicains, chapeauté par
celui israélien. Ainsi, juste avant le retour de Benyamin Netannyahou en
Israël, le Président Shimon Pérez a honoré les USA pour leur amitié et
compréhension. Que des clins d'Å“il !
Les élections présidentielles aux USA sont
tellement rapides qu'elles se planifient dés maintenant. Et que
les Etats arabes, notamment les peuples, sont tout autant embrouillés et
empêtrés, jusqu'au coup, dans leurs problèmes de gouvernance toujours aussi
imposés, et que leurs dirigeants, notamment ceux des élites, restent également
imprévoyants, inconséquents et ce, quelques soient les futurs résultats de ces
élections aussi bien chez eux, aux USA, qu'en Europe et d'ailleurs. Israël,
quand à lui, planifie aussi bien les baisers que les gifles, avant et après les
élections des USA et tous les sommets de la ligue arabe, et ce, depuis sa
création, et dont il tire des profits à tous les coups et hisse, après chaque
sommet arabe, la barre des conditions de pourparlers pour un règlement du
conflit. Cette année, la construction de plus de 1500 logements, dans les
territoires palestiniens, s'inscrit dans ce sens d'autant plus qu'une partie
des matériaux de construction et autres «agréments », sonnants et trébuchants,
viennent directement …des USA.
Une bagatelle, par rapport aux 30 milliards
de dollars qu'Israël - dont la population avoisine 6,5 millions - s'octroi
annuellement, sans que personne ne sache d'où. Ou peut-être si : C'est un
«chouia» de la cagnotte issue de la part des bougres que nous sommes à
l'échelle de la ligue arabe - concédant pour la Palestine 500 millions de
dollars - sentant, en plus du musc pour impressionner les embrassés, l'odeur
des hydrocarbures lesquels tétanisent leurs peuples se contentant du minimum en
terme de Démocratie - pourtant elle constitue leur véritable force et richesse
d'avenir - mais, qu'en revanche, du maximum lorsqu'il s'agit de nourritures
liées au ventre clôturées par des sérénades endormantes et autres poésies
enivrantes massifiées par des médias, à la cigale berceuse, et des élites de
partisânries en laisse. Décidemment, drôle de ligue arabe qui ne cesse de
s'auto claquer et se mutiler tout en acceptant d'être dans cette situation
d'inhibition. (2). Comme une jouissance. En vrac !
Souhaitons que l'Iran, la Syrie formulant,
par la voix de son jeune Président, lors dudit sommet, les quatre vérités au
chef de l'autorité palestinienne ; ainsi que le Liban (3) et la Turquie ne
seront pas du même lot. Ils constituent tant d'espoirs aussi bien en rapports
de force géopolitiques, diplomatiques que guerriers. Un équilibre équilibrant
les déséquilibrés actuels. En attendant la sortie du tunnel de l'Irak ! Gageons
pour que tout cela soit effectivement réalisable car Israël est tellement
prudente et n'aime pas d'être dribblé ni doublé. La Turquie le sait que trop
bien. A cet égard, en milieu de cette semaine, la chancelière allemande, venue
visiter Ankara pour deux jours, a clairement signifié que l'adhésion de ladite
Turquie dans l'Union Européenne n'est pas pour demain. C'est peut-être pour ça
que…. ! Enfin, et quoi qu'il adviendrait, concluons par le poème-dicton d'Al
Moutanabi, né a Koufa en 915 et décédé en 960, qui avait dis en substance :Si
tu gratifies un noble, il te le rendra.
Et si tu loues un ignoble, il se révoltera.
Notes
1- Dans une ville,
des hauts plateaux sétifiens, un homme assez connu, disparu depuis un certain
temps, escalada une petite colline tout en criant autour de lui invitant ses
voisins de venir l'écouter. Ainsi regroupés, il leur annonçait : « Ecoutez gens
de mon quartier, vos saletés ont atteint ce niveau-là tout en leur indiquant
par le geste du doigt son menton ». Alors, quand à eux, ils sont tous en
dessous. Et donc, submergés totalement !
2- Plusieurs
faits attestent que le vaincu imite, respecte et craigne, son vainqueur
gifleur. Ceci s'est assez vérifié maintes fois dans ce sens. Cela s'apparente,
à quelques nuances, au complexe d'Œdipe dont nous avons esquissé les contours
dans l'un de nos articles.
Ici comme ailleurs, notamment dans le monde
arabe, de hautes personnalités n'échappent pas à cette abominable sujétion.
Atroce rongement de la personnalité !
L'empire ottoman,
malgré son caractère de protecteur de l'Islam, avait par contre stimulé les prédispositions,
déjà saillantes localement, à toutes sortes de mystifications dont
l'encensement des tombeaux et autres marabouts. La colonisation s'était
intéressé, ethnologiquement, à ces tendances et en avait promues d'autres non
moins conditionnées. Dans le sens de ses intérêts bien entendu. Malgré ça, des
soulèvements, contre l'occupation coloniale, de certaines confréries, notamment
religieuses, jalouses de leurs prérogatives et des immenses intérêts agraires
autrefois garantis par les deys et les beys, par l'intermédiaire des Bachaghas
et autres Cheikhs, n'ont cessé de se succéder jusqu'aux années 1880 ou d'autres
« confréries » clientèles ont vu le jour a la suite des sénatus-consultes
coloniaux.
Dans les années
trente, dans mon patelin, un chef de la police de confession israélite avait
trouvé un stratagème pour débusquer les grands voleurs. Avec la complicité de
ses sbires, proches serviteurs du marabout, il faisait passer les suspects dans
la Khaloua - Antichambre à la salle du mausolée -, et les obligent de jurer
qu'ils n'ont pas volé. Complètement apeurés, craignant d'être punis par la
baraka soi-disant divine de Sidi, ils avouent tout en bloc ce qu'ils ont fait.
3- Cette semaine,
au Liban, chrétiens et musulmans ont fêté ensemble Pâques coïncidant avec la
période, de la crucifixion du Messie et du jour de sa résurrection, s'étalant
du 24 Mars au 25 Avril. Cote à cote, chrétiens et musulmans, ils l'ont célébré
dans l'harmonie, alors que les chrétiens palestiniens ont été bastonnés, par
l'armée israélienne, devant l'Eglise de la nativité à Jérusalem.
La semaine prochaine, c'est la Pâque juive
rappelant la sortie de Moise et son peuple de l'esclavage d'Egypte pour
regagner la terre promise par Yahvé. Ils fêtent cette journée en ne mangeant
que des azymes et d'autres cérémonies culinaires herbeuses frugales liées à
l'exode.
Au Maghreb, c'est le jour de « Hadjouza »:
Séparation, du printemps de l'Hiver, fêtée par la galette garnie de dattes
dénoyautées et écrasées.
Et, si un jour, les trois religions
monothéistes se rencontrent pour fêter ensemble ces jalons prophétiques, à
Our-chalim - ville de la Paix-ou chacun renouvelleraient la même promesse
divine symbolisée par la fraternité humaine et la concorde des trois religions
? Une pénitence collective en quelque sorte.
Qui sait ? Rêver, c'est aussi aspirer,
d'autant que cela est déjà arrivé par le passé, notamment au Maghreb des
Andalous.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Brahimi
Source : www.lequotidien-oran.com