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Balade traditionnelle à travers le vieil Oran



Balade traditionnelle à travers le vieil Oran
Dans l'après-midi d'hier, une trentaine de personnes se sont données rendez-vous à M'dina J'dida, dans le cadre de la ballade traditionnelle qu'organise l'association Bel Horizon chaque année. Les participants ont découvert que ce quartier de la ville offre un autre visage que lorsqu'il est investi par les populations pour des raisons commerciales. La ballade a commencé par la délimitation de l'ancienne muraille et notamment la porte de Valmy. Le cimetière israélite, dont l'assiette de terrain a été offerte par Mohamed Belekbir, a été lui aussi évoqué. Il a été rappelé que ce lieu a reçu la dépouille du dernier rabbin Si Messaoud mort en 2010. L'histoire de Djamaa Chrifia, la première mosquée érigée à M'dina J'dida en 1881, a été aussi soulignée et la trajectoire de cette dame, morte à La Mecque, soulevée par les participants. Mais c'est la rue du Figuier qui a retenu l'attention, notamment des architectes présents à cette balade. Elle illustre le parfait signe de la ville européenne, soulignera Kouider Metayer. En effet, elle est entrecoupée par une série de rues. Le guide soulignera aussi que tous les noms des rues, notamment à l'époque coloniale, renvoient à des faits de guerre, surtout à des batailles qui avaient opposé l'Emir Abdelkader à l'armée coloniale. A commencer par le figuier où un traité entre les deux belligérants a été signé. Dar Al Cadi, l'école Pasteur devenue Douaïdi Zoubir, la polyclinique des S?urs, le mausolée de Sidi Kada Mokhtar ont été autant de haltes lors de cette balade. Les participants se sont rendus au lieu du moulin qui avait été incendié (ex-Sempac) où la mairie d'Oran a construit un parking à étages. « Le type de transformation que subit le quartier », soulignera encore Metayer. Et de rappeler son idée de parking souterrain à la « Tahtaha » et la transformation de celle-ci en lieu d'activités culturelles et artistiques, notamment la nuit durant la saison estivale. Les visiteurs ont constaté de visu la démolition d'un ancien hammam, dont l'assiette va abriter un hôtel. Il a été rappelé lors de cette visite que feu Abdelkader Alloula, Belhalfaoui et Yahia Laskri, tous des créateurs, ont vécu au moins une partie de leur vie à khouchette Bendaoud, encore en très bon état. A khouchette Meknès, elle aussi visitée, se trouve le haouch où avait vécu Ahmed Zabana. Une autre halte a été observée à Sidi Blal, le saint patron de la communauté noire, et dont le nom renvoie au compagnon du prophète.Au niveau de la « Tahtaha », le rappel du crime de l'OAS commis en février 1961 a été rappelé. Un des participants ira jusqu'à qualifier cet attentat de « premier acte terroriste à l'aide d'une voiture piégée dans l'histoire de l'humanité ». Lors de cette balade, des noms de certains cafés mythiques, « immortalisés » dans des chansons, entre autres, ont été soulevés. Manière de prouver que M'dina J'dida charrie une histoire, mais aussi une forme de sociabilité. Malheureusement, depuis un certain temps, elle opère sa mue en silence, le plus souvent au détriment de tout un héritage.


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