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ATTITUDES



ATTITUDES
[email protected]/* */Un soleil accablant inonda les vastes prairies du Djurdjura. En cette période d'été, ces endroits sont investis par les estivants préférant les paysages montagneux à la grande bleue. Un sirocco souffle et rend l'air difficilement respirable.Des dizaines de voitures sont stationnées et le site s'est transformé, comme chaque été, en une aire de plaisance. Chevaux, voitures électriques, tous les ingrédients sont réunis pour faire le bonheur des petits et des grands.Une animation festive à plus de 1700 m d'altitude à laquelle se sont habitués les habitants des villages alentour et même des citadins régnait sur le stade récupéré par les animateurs de la fête. Des chaises, des tables, un présentoir exposant des friandises, du café, du thé. Un café fut érigé, satisfaisant les nombreux clients. Des grandes tentes dressées servent d'habitat aux locataires des lieux. En quelques minutes, le ciel s'assombrit, le vent tourbillonne soulevant des paquets de poussière rougeâtre. Des grosses gouttes de pluie martèlent les vastes étendues. La tornade se fait de plus en plus insistante et puissante.La panique s'empare des visiteurs qui empoignent femmes et enfants et dans une course folle, certains s'engouffrent dans leur véhicule, d'autres trouvent refuge sous les abris, devenus l'ultime retranchement des vacanciers.Les enfants trempés et tremblotant pleurent, les femmes, le visage pâle, récitent des versets coraniques en tentant de calmer les enfants qui criaient sous le bruit assourdissant du vent arranchant la bâche de la tente qui a failli céder.Les hommes tiraient de toutes leurs forces sur la toile, mais rien n'y fait. La bourrasque continuait de plus belle. Rien ne résistait à sa puissance. Dans des gestes rapides, les jeunes commerçants essayaient de sauver leur matériel des eaux en furie. Dehors, chaises, tables volaient. Les chevaux, excités, tiraient sur leur bride et galopaient dans tous les sens. La température baissa en quelques secondes. Dehors on parle d'un berger qui vient de perdre son troupeau sur l'autre versant. Les véhicules sont cloués sur l'asphalte. Personne ne peut démarrer. Tous attendent au risque de voir leurs engins soufflés. Farid évoque à cet effet le «dieu du vent» lorsqu'il s'est déchaîné il y a quelques années en projetant un container sur des dizaines de mètres par-dessus une clôture. Sous la tente, un des habitués de ces brusques changements climatiques tournait à la dérision la situation plutôt dramatique pour les autres.Il lancera à une maman au bord des larmes : «Danse Taos, danse Taos, profite de ces magnifiques moments, dans quelques minutes le film va s'arrêter.» L'éclair fend le ciel, le tonnerre rugit et augmente la frayeur des «sinistrés».Les femmes évacuent par vagues les enfants dans les fourgons venus à la rescousse. Puis, tout d'un coup, la symphonie change graduellement de ton. C'est comme si le mastodonte s'époussetait par un geste nonchalant en libérant tout ce beau monde.
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