Les filets dérivants dits «Djenia» font ravage
Deux dauphins et une tortue marine ont été découverts, avant-hier soir, morts à Bousfer-plage. Un autre dauphin gris a été aperçu, il y a quelques jours, sur la plage de Sbiaâtes (ex-Géraldine), située à quelques kilomètres du port de Pêche de Bouzadjar. Les mammifères marins échoués présentaient tous des traces de mailles de filets. Ils étaient pris sans doute dans des filets maillants dérivants utilisés par les chalutiers en cette période. D’après le président de l’association ONZA, ils ont été jetés sûrement par des pêcheurs qui utilisent un type de filets maillants dérivants qui sont normalement interdits, dits dans le milieu de la pêche à Oran «Djenia» et utilisés pour la pêche de l’espadon et du thon puisque c’est la période propice. Ce bilan funeste n’est que le millième de ce que peut provoquer cette technique de pêche, surtout si elle n’est pas contrôlée. «Après la pêche à la dynamite qui est un secret de polichinelle pour tout le monde oranais, ce procédé néfaste pour les espèces de surface comme les dauphins, marsouins, tortues, moles (poisson-lune)... va encore éreinter ce qui reste de la faune marine», alertera le président de l’ONZA. L’affaire n’est pas vénielle. Il s’agit de la survie, de l’avenir d’espèces normalement protégées. Ces filets sont d’une envergure de presque un kilomètre. Ils sont utilisés par la majorité des bateaux de pêche des flottilles des ports de pêches de l’Oranie: Pêcheries d’Oran, d’Arzew, de Bouzadjar et de Bénisaf. Bien que les caractéristiques et les quantités de captures accessoires (espèces accessoires pêchées avec les espèces ciblées) varient suivant le type de filet, la pêche concernée et la zone dans laquelle celle-ci est pratiquée, les modifications apportées aux filets maillants dérivants se sont révélées fatales pour bon nombre d’espèces énumérées. D’après les témoignages des rares pêcheurs qui ont brisé l’omerta, le danger des filets «djenia» est de manquer de sélectivité et, par conséquent, d’être responsable de la capture d’un nombre inacceptable de mammifères et autres espèces non seulement inconsommables mais également protégées. On apprendra également qu’à l’origine, ces filets étaient utilisés pour la pêche de petites espèces et n’étaient pas source de préoccupation. La catastrophe a commencé lorsque les mailles de ces filets ont été élargies pour permettre la capture d’espèces de plus grande taille et leur dimension a été augmentée pour accroître les captures. La période de pêche avec ce procédé dangereux s’étale sur six mois; elle dure de mai à octobre. Les pêcheurs inciviques prétextent la saison de pêche de l’espadon et du thon pour justifier leur action mais en fait, certains utilisent ce type de filets à longueur de l’année, a-t-on appris. Egalement, le danger de ces filets est encore plus manifeste lorsqu’ils sont perdus ou abandonnés par les pêcheurs, ils peuvent dériver pendant des années, piégeant toutes les espèces pélagiques qui y passent.
Il faut savoir que ces filets maillants dérivants sont graduellement abandonnés par les pêcheurs de la méditerranée, sous la contrainte de la loi et également en offrant des compensations, alors que chez nous, cette méthode néfaste pour la faune est en plein essor.
Benachour Mohamed
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com