Les nouveaux bacheliers appréhendent le nouveau système
Alors qu’un nouveau bachelier avait droit à toute une équipe d’orientation, constituée de professeurs universitaires pour le conseiller et lui permettre de faire le bon choix d’une filière, les heureux bacheliers de cette année 2007 sont inquiets. Ces futurs étudiants ont été les cobayes d’une expérience qui s’avère ratée pour le moment.
Les pré-inscriptions et la formulation des fiches de vœux ont été faites exceptionnellement cette année sur Internet, ce qui demeure encore un luxe étranger pour une large frange de notre société. Sans aucun guide pratique, certains étudiants se trouvent affectés vers des branches adoptant le système LMD ( Licence Master Doctorat) dont même les anciens universitaires avouent ignorer les principes. Un professeur de l’université d’Oran dira à propos «Nous venons d’importer une nouvelle matière sans la notice qui va avec, mais le plus grave est que nous l’avons personnalisée». Selon un des administrateurs, le système LMD, fête ses trois ans en Algérie, mais il reste prisonnier du manque d’information, il serait utile de se rapprocher des parents pour les renseigner et leur expliquer toute l’utilité du système. Ceci en sollicitant les médias car il s’agit d’un avenir meilleur pour l’enseignement supérieur. L’un des grands avantages du LMD, c’est que ce système a pour but de considérer le projet personnel de l’étudiant et en assurer le suivi en l’orientant progressivement.
Chose qui paraît difficile dans notre cas, puisqu’une rupture vient d’éloigner encore plus l’étudiant de sa faculté, le premier contact physique, qui permettait de mieux cerner le projet du nouveau bachelier et de l’orienter, étant rompu. Un nouveau bachelier inscrit en biologie LMD s’interroge : «Pourquoi l’université d’Oran a-t-elle adopté le nouveau système tout en gardant l’ancien ?» «Ce geste révèle, selon ce même étudiant, une certaine réticence de l’université puisqu’il s’agit là d’une expérience faite au dépens des étudiants». Nous tenons à rassurer notre future élite en élucidant un peu les principes de ce système et de ses avantages, en remarquant que le débat reste toujours ouvert en Europe sachant que plusieurs universités n’en approuvent pas les bienfaits. Le «Projet de Boulogne», comme il est appelé au sein de la communauté européenne et qui tend à l’universaliser, privilégie la qualité. Ce système permet la mobilité des étudiants, il est architecturé en trois cycles conférant chacun à un diplôme. Chaque cycle comporte un cursus d’études organisé en Unités d’Enseignement capitalisables et transférables; ceci dit que l’étudiant peut à chaque fin de semestre, s’il le souhaite, continuer ses études dans une autre université adoptant le même mode, voire des facultés étrangères. Mais l’adaptation du projet est entravée par le manque de moyens, bien évidemment. Les diplômes délivrés en premier cycle sont la licence académique qui permet de continuer dans la recherche, et la licence professionnelle dont les programmes sont définis en étroite concertation avec le secteur utilisateur. A noter principalement que la licence académique permet l’accès au Master à titre de dossier seulement, chose qui a trompé les nouveaux licenciés de la faculté de bio-technologie à l’USTO. C’est cette option qui a motivé nombre d’étudiants à faire des études dans la filière, or les postes s’avèrent très réduits. Il est vrai qu’il n’est plus question de concours, mais les postes sont attribués suite à l’étude des dossiers qui devront correspondre à la spécialité choisie, c’est à dire «le Projet Professionnel de l’Etudiant». «Il s’agit là d’un travail de qualité et non de quantité», nous précise l’administrateur ayant suivi une formation pour l’instauration du LMD. D’autres interrogations se posent, tout autant justifiables que les appréhensions des universitaires, cela tourne autour de l’accueil réservé aux diplômés par la fonction publique et le secteur d’emploi privé. Bien que des responsables nous certifient que les diplômes délivrés sont tout autant fiables, voire meilleurs, le secteur privé et la fonction publique recrutent selon les critères de «BAC+».
Il serait temps de mettre à jour les lois qui régissent le monde du travail. Selon un des responsables qui ajoutera que des études faites sur le terrain devraient se faire en collaboration avec les entreprises afin de connaître les besoins économiques du monde de l’emploi. Ceci, pour établir une stratégie d’enseignement et mettre fin au phénomène de l’afflux des étudiants vers certaines branches beaucoup plus convoitées. Par ailleurs et dans le même cadre, une bonne nouvelle s’annonce pour les retardataires et pour ceux qui Internet reste inaccessible, les inscriptions peuvent se faire sur place à présent avec l’avantage cette fois de faire le bon choix puisque les moyennes correspondant aux filières sont arrêtées et affichées, il faudrait dans ce cas remettre une copie du relevé de notes provisoire du BAC avec une liste des 10 choix au vice-recteur, et avec la satisfaction de pouvoir bénéficier des recours de transferts.
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R. Benchikh
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com