Accord interlibanais à Doha, annonce surprise de discussions indirectes entre la Syrie et Israël, accord de principe de Tel-Aviv pour une trêve à Gaza: le Moyen-Orient, continuellement en situation explosive, donnait hier des signaux, sans doute trompeurs, d'un reflux. Les dirigeants libanais pourront «revenir chez eux»: ils ont conclu un accord qui éloigne la perspective d'une guerre civile dont on a eu un avant-goût récemment. Ce n'est pas la solution radicale à la profonde crise du Liban, mais l'accord permet une remise en route des institutions bloquées depuis des mois. Le compromis qui accorde à l'opposition une minorité de blocage au gouvernement devrait immuniser le Liban contre un nouveau saut dans l'inconnu. Une décision semblable à celle qui a mis le feu aux poudres est désormais impossible. La question des «armes de la résistance» est donc reportée à un débat national serein et toute décision «explosive» rendue impossible. L'opposition libanaise pouvait donc signer sans hésitation l'accord interdisant le recours aux armes à des fins politiques. Le fait qu'elle dispose d'une minorité de blocage permet de neutraliser les décisions qu'elle suspecte d'obéir à un agenda américain. Après 18 mois de crise, le Liban va enfin avoir un président de la république - son nom est connu, le général Michel Sleimane - et former un gouvernement d'Union et établir une loi sur le découpage électoral comme préalable aux élections législatives de 2009. L'accord constitue une garantie pour le groupe du 14 mars comme pour l'opposition, que les décisions prises ne seront «ni américaines, ni iraniennes». On a ainsi le prélude d'une possibilité pour les deux parties de s'attaquer aux graves problèmes du Liban sans interférence étrangère sur la ligne. On pourrait bien sûr objecter que cette possibilité pourrait devenir un facteur de blocage dans la prise de décision. Mais force est de constater que le déblocage de la situation n'a pu se faire que par un retour à la règle du consensus. Les Libanais devront trouver ensemble les moyens de développer leur système politique où le citoyen deviendra la référence à la place de la communauté. La partie n'est pas gagnée. Il n'est pas sûr que la grande bataille qui se déroule au Moyen-Orient puisse épargner totalement le Liban, l'apaisement a besoin d'être fructifié par une classe politique qui a eu tendance à dénationaliser les enjeux.
Prendre langue avec Damas pour isoler Téhéran
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M Saâdoune
Source : www.lequotidien-oran.com