En mettant en avant la complexité du conflit du Darfour, le ministre desAffaires étrangères soudanais, Lam Akol, explique que ses origines reviennentaux années 70, «lorsque la région a souffert de la sécheresse et de la désertificationmais qu'aucune aide de la communauté internationale n'était arrivée».Exception faite, selon lui, de celle américaine qui a été amenée par Bushle père en personne puisqu'il a été le seul à visiter le Darfour. L'on ne saurapas si le MAE soudanais voulait faire savoir qu'il est aujourd'hui normal queles Etats-Unis s'ingèrent dans le règlement de la crise au Darfour.Il fera la genèse du conflit pour pointer du doigt une autre catastrophe,celle-là humanitaire. Les réfugiés posent de profonds problèmes dedéstabilisation et de famine au gouvernement soudanais. A ce propos, ilrappellera que les Etats-Unis ont demandé au Soudan de signer l'accord de paixd'Abudja pour le règlement du conflit pour avoir en contrepartie une levéetotale de leur embargo, un effacement de la dette, une représentationdiplomatique plus importante avec en prime le retrait du nom du Soudan de laliste des pays que l'Amérique de Bush recense comme terroristes. Au grand damdu gouvernement soudanais, il n'y a rien eu de tout cela. Bien au contraire.Lam Akol regrette que «Américains et Européens s'intéressent au problème duSoudan juste pour assouvir leurs intérêts personnels». Ce qui lui fait dire queles milices qui ont signé l'accord d'Abudja parfois s'allient à celles qui nel'ont pas fait. Ce qui complique davantage la situation qui semble de primeabord inextricable. Le MAE soudanais pense qu'elle pourrait l'êtredéfinitivement si les aides promises n'arrivent pas dans la région, cellesdécidées par les Nations unies, qu'elles soient financières, techniques oulogistiques. »L'ONU doit donner ce qu'elle a promis» dit Akol qui l'appelle parla même occasion à commencer à négocier les aides lourdes, à savoir les moyensd'intervention des forces de la paix sur le terrain. Les sanctions américaines,Lam Akol les considèrent comme étant des entraves à la mise en oeuvre del'accord d'Abudja qui attend toujours d'être signé par le reste des milices. LeMAE dit qu'il en existe près de 14 qui s'affrontent sur le terrain. «Il est difficilede négocier avec toutes ces milices, notre objectif est de les amener às'unifier pour qu'elles puissent constituer un seul front et pour que legouvernement ait un seul interlocuteur» dit-il. Il tente de persuader que «lasituation est aujourd'hui quelque peu stable au Darfour mais il reste quelquesgroupes qui gênent les forces de l'UA et qui menacent certaines ONG pour leursoutirer de l'argent. Akol fait savoir que «le désarmement des milices n'estpas chose aisée si les forces de paix ne sont pas renforcées et dotées demoyens plus importants». Il rappelle que «on a voulu désarmer les Jin Jawidsmais ça n'a pas été possible à cause de la faiblesse des forces de la paix. Ons'est même proposé d'acheter leurs armes, mais ça n'a pas marché». A propos desfonctionnaires soudanais poursuivis par la Cour internationale de justice, leministre estime que la Cour n'a pas la compétence de le faire et les Etats-Unisqui veulent qu'elle le fasse n'en sont même pas membres, le Soudan ne l'est pasnon plus. Alors si les Américains refusent l'ingérence en refusant de siégerdans cette Cour, nous aussi nous la refusons».Interrogé sur les rapports entre l'UA et la Ligue arabe, le MAE affirmequ'il y a une parfaite coordination entre les deux institutions, que »le SG dela Ligue est toujours présent dans les réunions sur le Darfour et la Ligue adéjà fourni une partie de l'aide au Soudan». Des propos qui contredisentquelque peu ceux exprimés par le conseiller du président de la République etprésident du parti au pouvoir, le congrès national, Nafaa Ali Nafaa qui préfèrerépondre à une telle question en notant juste »ce que fait la Ligue pour laPalestine, l'Irak ou le Liban», mais »on ne lui en veut pas». Akol fait savoirque son pays a signé un accord avec le Tchad pour un prochain déploiement de2.000 militaires à leurs frontières respectives. L'annonce de la venue prochaine du SG de l'ONU dans la région lui faitdire que «Ban Ki Moon devra oeuvrer pour la finalisation de la feuille de routede règlement du conflit, expliquer comment doit se faire le déploiement desforces de paix et dire quand son représentant doit-il arriver au Darfour etquand prend-il ses fonctions». Il annonce en dernier que «les initiativespolitiques sont toutes liées et préparent des négociations directes entre legouvernement et les milices».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : G O
Source : www.lequotidien-oran.com