Une commission de contrôle des transporteurs pour prévenir les accidents
Depuis les tragiques accidents de la circulation de cars de transport inter wilayas et qui ont coûté la vie à des dizaines de personnes surles routes de l’Oranie, une commission de contrôle de l’ensemble des transporteurs a été lancée par la direction du transport de la wilaya d’Oran.Dans chacune de ses sorties, cette commission relève des défaillances techniques dans la carrosserie des véhicules de transport. Selon une source rapprochée de cette direction, les éléments de cette commission ont notamment relevé que des bus exerçaient sans agrément et changeait de ligne à leur guise. Notre interlocuteur nous confiera «80% du parc roulant du secteur du transport urbain et suburbain sont amortis». Il expliquera que «Les bus, les cars et les Karsan desservant les lignes extérieures se détériorent au bout de cinq ans alors que ceux en service à l’intérieur de la wilaya ont, en moyenne, une durée de vie de 10 ans. Et il y en a même qui datent du début des années 90". Notre interlocuteur ajoutera que pour délivrer un agrément pour le transport, la loi en vigueur stipule que la direction des transports ne peut en aucun cas exiger que le véhicule soit neuf mais se contente de demander l’attestation du contrôle technique du véhicule attestant son bon état. Ceci fut le cas du car à l’origine de l’accident sur la route de Aïn Témouchent. Le transporteur en question avait un dossier en bonne et due forme et ceci dit, l’agrément lui avait été délivré dans le respect de la réglementation en vigueur, a souligné notre source. Il faut savoir que 4.000 véhicules de transport desservent les lignes urbaines et sub-urbaines de la wilaya d’Oran. De l’état de ces véhicules, les usagers en disent long et relèvent «on citera d’abord les pannes répétées des bus qui nous laissent à mi-chemin du trajet ou bien ceux trop sales et dépourvus de toute hygiène». Mokhtaria, usagère du transport interurbain qui relie Oran à Sidi Maârouf dira «En plus du fait que les bus sont dans un mauvais état et tombent souvent en panne, ils sont insalubres. L’autre problème récurent est la surcharge et on se soucie peu du confort de l’usager». Mokhtaria relèvera notamment le cas des transporteurs qui désertent les lignes et ajoutera «On dirait que les transporteurs font leur propre loi et qu’ils ne sont soumis à aucun contrôle». A ce propos, notre interlocuteur dira «Les transporteurs pensent surtout au chiffre d’affaires et jugent qu’il y a des lignes qui ne sont pas rentables du tout, alors ils les désertent et vont exercer sur d’autres lignes où les recettes sont plus fructueuses, le trajet à effectuer moins long et, surtout, sur des routes, en bien meilleur état. Le plus souvent, ces transporteurs reversent dans d’autres lignes sans l’autorisation de la direction du transport». A l’exemple de la ligne 16 desservant le quartier de Maraval et de Yaghmoracen à partir du port d’Oran qui est désertée depuis quelques années et plus aucun bus ne dessert cette ligne, ce qui pose un grand désagrément à des milliers d’Oranais. Notre source soulignera que si les transporteurs désertent ces lignes qu’ils désignent comme n’étant pas rentables, c’est parce que la majorité d’entre eux ont acquis leurs bus par crédit bancaire et sont, de ce fait, sous la contrainte du remboursement. «Cependant, dira t-il, cela ne les autorise pas à changer de ligne à leur guise», et ajoutera que le contrôle des transporteurs ne relève pas uniquement de la direction du transport, mais, en premier lieu, des services de l’ordre qui laissent filtrer ces transporteurs clandestins, surtout ceux qui changent de ligne et ceux qui ne possèdent même pas d’agrément pour le transport urbain ou suburbain.
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Hafida B.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com