Oran - Revue de Presse

116 Palestiniens tués à Gaza La barbarie est passée à Jabaliya



116 morts, des centaines de blessés. Gaza a été meurtrie, mais elle entend tenir, malgré le silence des Etats arabes qui n'osent plus rien de déplaisant à l'égard des Américains. Ce serait ces derniers, à en croire la presse occidentale, qui ont obtenu le retrait de la soldatesque israélienne afin, apparemment, de ne pas gêner la visite de Mme Condoleeza Rice. Gaza n'a de toute évidence qu'un sursis. A Jabaliya, les Palestiniens ont pu constater que la barbarie est bien passée par là. Des enfants délibérément tirés comme des lapins, des maisons détruites, des terrains agricoles dévastés... L'intense couverture médiatique des chaînes satellitaires, Al Jazira en tête, a provoqué une telle indignation dans les opinions que les Etats arabes se sont sentis contraints, un peu partout, à donner de la voix pour dénoncer le carnage. Comme à chaque fois, ce sont des réactions tardives de gouvernements qui ne cherchent pas à peser sur les événements et qui font semblant de faire croire qu'il n'y a « rien à faire ». Certains pourraient persifler qu'après un bilan aussi lourd, le Hamas puisse crier victoire après le retrait de l'armée israélienne. En réalité, le mouvement n'ignore rien de la réalité du rapport de force militaire. Ce qu'il défend âprement - et c'est la source fondamentale de sa divergence avec le Fatah de Mahmoud Abbas - c'est le droit de résistance et le droit de répliquer aux attaques d'Israël. Le carnage pourrait d'ailleurs reprendre après le passage de Mme Condoleeza Rice. La « pause » dans le massacre est destinée à donner le change aux régimes arabes en porte-à-faux comme d'habitude avec leurs opinions publiques. Mahmoud Abbas, après avoir été contraint de suspendre les « négociations » avec Israël, s'est proposé d'intervenir pour la conclusion d'une trêve entre les Palestiniens et Israël. Selon un communiqué de la présidence de l'Autorité palestinienne, le « président Mahmoud Abbas s'est de nouveau dit, aujourd'hui, disposé à travailler en vue de la conclusion d'une trêve totale avec la partie israélienne pour épargner à notre peuple davantage de victimes et de souffrances». «Hiver chaud», dirigeants froids. Le problème est que Mahmoud Abbas refuse obstinément, depuis des mois, de discuter avec le Hamas qui contrôle la bande de Gaza et qui a, c'est une évidence, l'appui de la population palestinienne. Comment va-t-il négocier cette trêve s'il ne discute pas avec le Hamas ? Et surtout, a-t-il suffisamment d'autonomie à l'égard des Américains dont l'objectif n'est pas caché : détruire la direction politique du Hamas. Son boycott du Hamas, contre qui il a lancé des accusations d'avoir fait entrer Al-Qaïda, le place objectivement dans un jeu malsain et suicidaire pour la cause palestinienne. L'épreuve subie par Gaza est comptabilisée au sein de l'opinion palestinienne au profit du Hamas et au détriment de Mahmoud Abbas. La « suspension » des négociations n'est pas le signe d'un retournement de position, mais juste une prise en compte de l'état de révulsion qui existe au sein de l'opinion. Paradoxalement, pour Mahmoud Abbas, même le rapporteur spécial de l'Onu sur les droits de l'homme des Palestiniens, John Dugard, a préconisé que l'Onu prenne langue avec le Hamas. «Les Nations unies sont l'organe approprié pour démarrer de tels pourparlers, entre le Hamas à Gaza, le gouvernement israélien et l'autorité palestinienne à Ramallah», a-t-il déclaré. «Pour le moment, les Nations unies sont empêchées par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël de parler au Hamas, et ceci les a laissées sans pouvoir pour remplir leur principal mandat qui est de maintenir la paix internationale», a-t-il ajouté. Apparemment, même Mahmoud Abbas est interdit de discuter avec le Hamas, ce qui est la pire des absurdités dans une histoire palestinienne mouvementée et fertile en situations absurdes. A Jabaliya, où la barbarie israélienne est passée et promet de revenir, il est incompréhensible que «l'hiver chaud» des assassins laisse les dirigeants froids...
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