Les sans domicile fixe, désignés par l'abréviation SDF, sillonnent nos villes, le jour, à la recherche de quelques pièces de monnaie pour acheter de quoi manger, et, la nuit tombée, d'un endroit paisible pour dormir tranquillement.
En cette période de froid sibérien, qui traverse le pays entier, nombreux sont ces sans-abri qui font face à la rigueur de cet hiver retardataire en dépit des efforts des services de sécurité, de la Protection civile, de la direction de l'action sociale et des associations de bénévoles.
A Sidi Bel-Abbès, ces personnes «abandonnées» par les leurs trouvent souvent refuge et de quoi se nourrir au centre des infirmes moteur cérébraux Myriam, créé par des âmes charitables.
Dès la tombée de la nuit, c'est une dizaine de personnes qui y sont soit conduits, soit qui viennent de leur propre chef, fuyant les agressions et autres dangers. Ce centre est devenu, au fil du temps, un domicile pour ces citoyens qui, pour une raison ou une autre, se sont retrouvés dans ce refuge salutaire.
Nawel, Abdessamed, de Sidi Bel-Abbès, Cheikh Keddour, qui vient de M'sila, Djahida, originaire de Ras El Ma, et bien d'autres, sont là tous les soirs, à la même heuret.
Avec le temps, ils sont devenus, forcément, une famille au sein de laquelle ils se sentent heureux même si leurs conditions individuelles ne sont pas des meilleures.
Mais ils sont aussi contents de se donner «rendez-vous» au point de tisser des liens solides. Quand l'un du groupe manque à l'appel ou tarde à rentrer c'est tout le monde qui s'inquiète et qui attend avec impatience son retour. Une famille pas comme la leur, qui les a chassés et reniés.
La vie dure et difficile leur a donné l'occasion de découvrir une autre forme de joie et de quiétude avec d'autres personnes qui leurs étaient étrangères, il y a quelques temps, mais plus maintenant.
Dans cette «famille», chaque membre a sa propre histoire et les raisons qui l'ont obligé de s'y retrouver. Parmi eux, Nawel, une jeune fille de 21 ans, dont le cas semble être particulier par rapport aux autres. Ses parents se sont séparés alors qu'elle n'avait que deux ans. Elle a grandi sous la coupe d'un père très dur.
Une enfance qui l'a marquée car souffrant de troubles psychologiques. Elle raconte que son père est un homme très violent, qui lui interdisait de remettre les pieds au domicile familial.
Elle nous a raconté que son père la soupçonne d'avoir une relation avec un jeune. «Il m'a vu un jour avec une amie qui négociait avec un jeune de sa connaissance pour lui vendre un téléphone portable et, depuis, il pense que j'ai une relation avec lui», nous a-t-elle dit, en soulignant qu'elle a tout fait pour raisonner son père, en vain. «Il n'a rien voulu entendre et m'a interdit de retourner à la maison»,
a-t-elle ajouté avec beaucoup de regrets. Depuis déjà un an, Nawel se rend tous les soirs à ce centre après la journée passée à mendier devant les centres commerciaux.
Ces derniers jours, voulant récupérer ses papiers, elle n'a pas pu le faire, par peur de son père et de ses jeunes frères auxquels il a recommandé de lui interdire l'accès.
Il leur a même demandé de la tuer. «Dieu est témoin que je n'ai rien fait de mal et même si c'était le cas, j'ai quand même droit au pardon», a-t-elle ajouté. Nawel compte énormément sur le responsable du centre qui a promis de l'aider et de la protéger contre les malheurs. Il lui a proposé de travailler au centre après la récupération de ses papiers. Une démarche qui sera possible avec l'intervention de la justice.
Abdessamed, rejeté par sa famille à cause de sa maladie
Abdessamed, un homme qui doit avoir la quarantaine, mais qui dit être âgé de 26 ans, est originaire d'Ouled Mimoun. Il aime porter des bagues de toutes sortes, des chaînes et des accessoires de jeune homme, rien que pour se sentir jeune. Depuis une semaine, les assistants du centre l'accueillent chaleureusement et l'aident chaque soir à prendre sa douche et manger un repas chaud.
Ce dernier souffre de troubles mentaux. Il est le quatrième de la famille et orphelin de père. Il nous a expliqué que sa famille ne le supportait plus en raison de sa maladie. Une maladie qu'il n'a jamais soignée, mais qui ne l'empêche pas de retrouver ses repères en sortant le matin et en revenant le soir au centre.
Comme quoi, il y a possibilité de guérison avec un suivi médical. En attendant des jours meilleurs, il se contente de passer des jours calmes au sein de sa nouvelle famille. A la tête de celle-ci, son président, M. Berrayahi, qui s'est retrouvé par la force des choses responsable de tous ces «locataires».
Ce monsieur, qui avait pour objectif de venir en aide uniquement aux enfants handicapés moteurs et cérébraux, ne pouvait pas ne pas accueillir les SDF, en dépit de ses maigres cotisations.
M. Berrayahi souhaite venir en aide aux nécessiteux. Pour ce faire, il espère bénéficier d'une aide pour recruter des personnes qui sont dans le besoin. Ce centre, qui compte quelque 318 adhérents, dispose d'un service de rééducation fonctionnelle et assurent des séances psychologiques et orthophoniques, ainsi que des cours dans des classes spécialisées du cycle primaire.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S D
Source : www.letempsdz.com