Mila - A la une

Un printemps en cache un autreL'Europe face au chômage des jeunes



Un printemps en cache un autreL'Europe face au chômage des jeunes
L'Europe enregistre un taux global de chômage de 23,5% (5,6 millions entre 15 et 24 ans sans emploi et sans formation), légèrement dépassé par la France (26,1%) et nettement dépassé par les records détenus par la Grèce (57,3%), la Croatie et l'Espagne (56,5%). Dans cette faillite collective, seule le « meilleur élève » allemand (7,7%) échappe au naufrage. La grande messe parisienne, qui prend le relais de Berlin (juillet), entend dégager un front commun dans un continent ravagé par la crise des dettes souveraines et livré, en conséquence, au péril montant de l'extrémisme au seuil de Bruxelles rêvant d'un raz de marée aux européennes de mai 2014. Autour du président français, François Hollande, les 24 des 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne (UE), les présidents des principales institutions européennes (Conseil, commission et Parlement), les ministres du Travail et des partenaires sociaux, participent à la radioscopie « pays par pays » pour combattre la fatalité de la « génération perdue ». Le bilan et les mesures incitatives sont sur la table pour tenter « d'aller plus vite », comme le souhaite Hollande : aux 6 milliards d'euros sur deux ans (2014/2015), devant financer des aides aux jeunes chômeurs des pays les plus vulnérables (France, Grèce, Espagne et Italie), s'y ajoutent 7 milliards d'euros/an dégagés par le Fonds social européen (FSE) et 6 milliards de la Banque européenne d'investissement (BEI) relevant de l'initiative « Innovation et compétence ». Au total : 40 à 45 milliards d'euros mobilisés sur 3 ans. Suffisant ' L'apport est jugé en deçà des besoins de financement estimés à 150 milliards d'euros par l'Eurofound (fondation européenne pour les conditions de vie et de travail) uniquement pour les pertes annuelles enregistrées par le flux des 7,5 millions de chômeurs européens. Mais, au c'ur de ce dispositif, le principe de la « garantie pour la jeunesse » européenne veut qu'aucun jeune ne reste plus de 4 mois sans proposition d'emploi ou de formation évaluée par Bruxelles en décembre. L'alternative d'une « Europe sociale avec un socle commun de droit social », prônée par le ministre du Travail français, Michel Sapin, à la veille du second sommet européen, se précise. Soit : un Smic dans chacun des pays et un CDI (contrat à durée indéterminé) comme objectif central. La « bataille contre le chômage des jeunes » est lancée. Face à l'un des défis les plus cruciaux, l'urgence européenne est assimilée à « une question de survie pour notre système démocratique », comme l'énonce le président du parlement européen, Martin Schultz, soucieux de l'avenir des jeunes et des chances d'intégration dans une Europe en crise. En somme, cette Europe du malaise social menacée par la déferlante extrémisme porteuse d'un printemps d'un genre nouveau. « Attention à ce qui est en train de se passer en Europe. Le sentiment de défiance des jeunes grandit par rapport à l'Europe et on sent une forte poussée de l'extrême droite », avertit la représentante des syndicats français et allemands, Sophie Binet de la CGT. En marge de la conférence, le « sommet alternatif », organisé par la confédération européenne des syndicats, revendique des « actes » et une « obligation des résultats » en faveur des chômeurs. Et pour mieux marquer les esprits, une gerbe en l'honneur du « chômeur inconnu » a été déposée. Tout près de l'Elysée.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)