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Après l'indignation, les confessions !Espionnage des communications électroniques



Après l'indignation, les confessions !Espionnage des communications électroniques
Tout compte fait, même le Brésil, dont la présidente, apparemment, mise sous écoute par la NSA, a annulé un voyage à Washington en septembre dernier, n'est pas « innocent » de cette pratique généralisée de l'espionnage des communications, notamment électroniques. C'est que depuis le début du feuilleton des révélations de l'ancien agent du renseignement américain, Edward Snowden, tout le monde feint la surprise, l'indignation et monte au créneau pour dénoncer le système américain d'interception des communications électroniques dont l'ampleur se découvre de jour en jour plus profonde, n'épargnant ni ennemis suspectés de liens avec le mouvement terroriste international, ni les amis et les alliés. Point culminant de cette ambiance houleuse, l'introduction du sujet à l'ordre du jour de l'enceinte des Nations unies, par l'élaboration, le 1er novembre dernier, à l'initiative du Brésil et de l'Allemagne, deux alliés de poids des Etats-Unis mais néanmoins victimes de choix du système d'écoute de la NSA, agence nationale du renseignement américaine, d'un projet de résolution appelant à en finir avec les abus en matière de surveillance électronique. Le projet de texte n'incrimine aucune partie, même si, comme le souligne l'agence de presse Reuters, « il vise clairement les Etats-Unis ». A travers cette initiative, les pays initiateurs font pression pour que l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies déclare sa « profonde inquiétude au sujet des violations et des atteintes aux droits de l'homme qui pourraient résulter de tout dispositif de surveillance des communications, y compris extraterritorial », comme le précise un passage repris par Reuters qui ajoute que l'objectif est d'amener l'ensemble des Etats membres « à prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à ces atteintes et pour créer les conditions nécessaires à leur prévention, en s'assurant, notamment, que leur législation nationale soit conforme à leurs obligations au regard du droit international ». Les observateurs s'attendent à voir ce texte subir des amendements avant d'être présenté à l'Assemblée générale de l'ONU, en décembre prochain où, selon des sources diplomatiques citées par Reuters, il devra emporter une large adoption. Une adoption sans aucun impact juridique contraignant, mais bonne par « son poids politique et moral incontestable ». Les résolutions de l'Assemblée générale ne sont pas contraignantes, mais leur poids politique et moral » sera incontestable avec une large adoption. En dehors de cette spectaculaire montée au créneau, les révélations de l'ancien agent du renseignement américain, Edward Snowden, auront servi à orienter le débat vers les questions de fond. « Soyons honnêtes, nous écoutons aussi. Tout le monde écoute tout le monde », a tenu à rappeler l'ancien ministre des Affaires étrangères français, Bernard Kouchner, sur les ondes de la radio Europe 1. A la question de savoir si la France en faisait autant avec les Américains, l'actuel ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, aurait lâché un laconique « pas à ma connaissance », « avec un sourire », précise le site www.lefigaro.fr. Pour en connaître davantage sur ces pratiques généralisées de l'écoute et de l'interception des communications, interrogé, un ancien des renseignements français, n'a pas hésité à dire : « J'ai eu entre les mains des écoutes téléphoniques du président George W. Bush réalisées par nos soins... » Le site l'a présenté comme « un ancien cadre de la DGSE, les services secrets français » qui « sait ce qu'il en est réellement dans le monde de l'espionnage : tout le monde écoute tout le monde... en fonction de ses capacités techniques. » Ce même site a également fait référence aux propos de l'ancien patron de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) Bernard Squarcini, lâchant sur les colonnes du quotidien Le Figaro : « Nous aussi, nous espionnons les Américains », avant de compléter par cette information selon laquelle « Madeleine Albright, l'ancienne secrétaire d'Etat américaine, racontait, la semaine dernière, comment les Français l'avaient espionnée lorsqu'elle était ambassadeur aux Nations unies. » Une autre source, un ancien de la DGSE, interrogé par le site www.lopinion.fr pousse le bouchon un peu plus loin lorsqu'il se dit consterné par ce qu'il qualifie de « réactions outragées » des responsables politiques, s'interrogeant si cela relève du « populisme ou de l'ignorance », car, tient-il à rappeler, « parce que, évidemment, nous transmettons nos notes aux autorités politiques... » Mieux que tout cela, en pleine tempête d'indignation et de colère il indique que « ceux qui savent vraiment de quoi il s'agit se taisent, comme le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian. » Et le site d'évoquer les effets utiles des interceptions par la National Security Agency (NSA) américaine de communications relatives à la situation dans le Sahel et, notamment, au nord du Mali, qui auraient été livrées aux Français et selon cette même source « avaient permis de localiser puis de détruire les groupes armés djihadistes ». ­Tout cela est donc connu depuis longtemps, comme titrait un chroniqué d'un journal spécialisé, en la matière, « Rien de nouveau à l'ouest. » Cela se pratique depuis fort longtemps, depuis qu'en 1947, les Etats-Unis ont décidé, en collaboration avec la Grande-Bretagne, de lancer le fameux « UKUSA », pour l'interception des communications par l'échange de renseignements entre puissances occidentales. D'où, pour le site www.gdr-elsj.eu, qui consacre un long dossier à la question, le fait que cette pratique « date de la guerre froide on le sait ». Avec l'arrivée plus tard du Canada, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, l'alliance devenue les « Five Eyes », a été scellée pour la mise en place, dans les années 1970, d'un « programme de recueil d'informations à l'échelle planétaire : le réseau « Echelon ». Le réseau utilise aussi bien des satellites que des bases d'écoute implantées sur le territoire des pays membres et est destinée à l'interception et à l'analyse des communications téléphoniques et électroniques, « aussi bien privées que publiques ». Son existence a été révélée vers la fin des années 1990, suscitant une ambiance similaire à celle d'aujourd'hui, produite par les révélations de Snowden. Ce qui fait dire à l'auteur du dossier publié sur le site www.gdr-elsj.eu que « c'est la raison pour laquelle les révélations d'Edward Snowden sur ce qu'il est convenu d'appeler « l'affaire Prism », font figure de secret de Polichinelle. » Il ajoute que l'interception des « données de communications (internet et téléphoniques) par la National Security Agency (NSA) américaine, via le concours des grands acteurs d'Internet, tels Google, Yahoo, Skype ou Apple, n'est que le prolongement de programmes existant depuis des décennies. » Cela tient de l'évidence pour ce site qui rappelle que les chefs d'Etat et de Gouvernement européens, réunis juste après les dernières révélations faisant état de l'écoute par les renseignements américains de 35 chefs d'Etat dans le monde, dont la chancelière allemande, ont d'abord commencé par souligner « la relation étroite qui existe entre l'Europe et les Etats-Unis », avant de simplement prendre acte qu'un « manque de confiance pourrait porter préjudice à la nécessaire coopération dans le domaine de la collecte de renseignements ». D'où la conclusion du journaliste du site selon lequel « les vingt-huit n'appellent nullement à ce que les Etats-Unis cessent leurs activités de renseignement, auxquelles un certain nombre d'entre eux participent peu ou prou. » Et de donner pour illustration l'exemple de la France qui, dans le cadre d'un programme dénommé « Lustre », révélé par un quotidien allemand, « livre en effet des informations aux services de renseignement britanniques et américains, suite à un accord passé avec les « Five Eyes ». Selon cette même source, la presse allemande rappelle qu'en 2010, le premier patron du renseignement américain, M. Dennis Blair, avait alors fait une tentative pour élargir à la France l'accord de « non espionnage » (« no-spy agreement ») existant entre les « Five Eyes ». « Cette proposition faite à l'époque où M. Sarkozy était président de la République, a été rejetée toutefois par la Maison Blanche, estimant probablement que le successeur de M. Sarkozy serait moins pro-américain », conclut l'article mis en ligne sur le site.
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