Mila - A la une

Toujours les femmes



Toujours les femmes
«Le bonheur est une femme.» Friedrich Nietzsche
Les nouvelles sont nombreuses et fort contradictoires. Certaines sont douloureuses comme ces affaires de viol qui ternissent la réputation d'une ville comme Oran. D'autres affaires de viol ont provoqué de retentissantes manifestations dans la plus grande démocratie du monde. En Inde, les gens attachés aux valeurs humaines sont sortis dans la rue pour réclamer, pour la deuxième fois en deux mois, une plus grande sévérité de la justice envers les violeurs. Au Mali, deux décennies après les Algériennes, les représentantes du beau sexe ont goûté des mois durant aux douceurs du régime wahhabite. En France où le harcèlement sexuel sévit encore, une femme journaliste vient d'être nommée directrice du plus prestigieux quotidien du soir, Le Monde. Cela met un peu de baume au coeur et pour peu que les femmes (et les hommes aussi) continuent à se battre pour le respect des corps, un meilleur avenir. Déjà, elles sont plus nombreuses à l'école, réussissent mieux aux examens que leurs partenaires masculins, s'acquittent mieux des tâches qui leur sont confiées ou qu'elles arrachent de haute lutte...
C'est la raison pour laquelle, le 8 mars ne doit pas rester une journée comme les autres; demain précisément, qu'il neige, qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il tombe des pierres, Alger sera belle, plus belle que d'habitude car ses rues seront envahies par une espèce habituée à ne fréquenter que les réduits des cuisines, les arrière-boutiques, les ateliers mal éclairés, les buanderies, les bureaux, les champs, les salles de classe, les laboratoires...
Aujourd'hui, grâce à l'action militante des femmes de pays développés, grâce à sa participation à la lutte de libération, l'autre moitié du pays redresse la tête pour relever le défi de l'avenir. Celles qui ont posé des bombes dans les stades ou les cafés, celles qui ont été matraquées boulevard Zighoud-Youcef pour avoir protesté contre le code de l'infamie, celles qui ont été violées dans les maquis de l'intégrisme et réduites à l'esclavage, celles qui ont gardé la saine tradition des femmes libres et fières, celles qui portent le voile parce qu'elles veulent le porter, celles qui le portent parce qu'elles sont obligées, celles qui travaillent pour donner un coup de main à la famille, celles qui le font parce que c'est le seul moyen de vivre dignement, celles qui cherchent du travail et qui n'en trouvent pas, celles qui ont déjà voté et qui ne veulent plus le faire, celles qui vont voter, celles qui sont tous les jours harcelées sur leur lieu de travail par leur patron, leur chef ou leurs collègues, celles qui ont un foyer, celles qui en espèrent un, celles qui désespèrent..., toutes auront une demi-journée pour se croire plus libres que d'habitude et que, malgré tout, la vie dans ce beau pays vaut la peine d'être vécue. Toutes celles qui descendent de la Kahina ou de Fatma N'soumer, les soeurs de Djamila et Baya, toutes celles qui ont donné de leur sang et de leur liberté pour que d'autres aujourd'hui puissent espérer des lendemains qui chantent.
Les émules de Lysistrata ou d'Olympe de Gouges, de Clara Zetlin ou de Rosa Luxembourg, celles qui baissent les yeux devant les hommes ou celles qui regardent l'avenir droit dans les yeux, celles qui font la cuisine et torchent les marmots, toutes celles qui luttent pour que d'autres aujourd'hui puissent espérer des lendemains qui chantent, après une rose, un parfum, une collation, iront promener leur joie de vivre en faisant du lèche-vitrines ou papoter autour d'une tasse de thé, assister à une conférence sur ce thème ou voir un film de circonstance, dissertant sur l'évolution de la destinée féminine et sur les sacrifices consentis par le sexe faible pour la promotion de l'homme. Une société juste n'est-elle pas celle qui donne les mêmes chances à tous ses membres, sans distinction de race, de religion et de sexe'
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