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Pétrole : les cours s'emballent



Le pétrole a eu une journée particulièrement haussière hier, le baril de Brent de la mer du Nord a atteint un pic de 70,72 dollars en séance, un niveau jamais vu depuis septembre 2019. Les marchés anticipent de plus en plus une escalade entre l'Iran et les Etats-Unis et qui pourrait avoir les conséquences que l'on sait sur l'approvisionnement en pétrole. La tension est montée, après l'assassinat par les Etats-Unis du général iranien Qassem Soleimani.Il est clair que cette tension, si elle n'est pas promptement et effectivement contenue, continuera d'être une source d'instabilité pour les marchés et d'inquiétude pour les investisseurs. Ces derniers semblent sceptiques, pour le moment. Milan Cukovic, analyste de marché chez Axitrader, estime que la crise iranienne a considérablement réduit leur appétence au risque. Ils craignent, dit-il, une hausse drastique du prix du pétrole susceptible de souffler un vent contraire sur l'économie mondiale.
Plusieurs experts font observer que l'économie mondiale fonctionne encore en deçà de ses capacités, que le taux de chômage dans de nombreux pays reste élevé et que les investisseurs semblent douter des perspectives d'une croissance robuste. Saïd Beghoul, expert pétrolier, estime que des facteurs géopolitiques ajoutés à une croissance économique relativement faible font que les marchés demeurent volatils. Aussi, est-il nécessaire que des efforts supplémentaires soient faits par l'Opep et ses alliés pour faire remonter les cours de l'or noir.
L'Organisation qui compte 14 membres ainsi que ses 10 partenaires extérieurs (notamment la Russie) ont convenu début décembre dernier d'une baisse de 500 000 barils/jour, supportée essentiellement par l'Arabie saoudite et la Russie, dans le but de faire augmenter les prix. Pour l'expert, cela reste toutefois insuffisant. De son point de vue, il faut aller vers une baisse beaucoup plus forte que celle à laquelle l'Opep et ses partenaires étaient tenus de procéder. Saïd Beghoul propose de réduire l'offre pétrolière de 2 millions de barils par jour.
Il ajoute que si les deux parties arrivent à poursuivre, avec plus de vigueur, leurs efforts, cela va leur permettre d'éponger le surplus de pétrole (environ un million de barils/jour) et de stabiliser les marchés. Le rééquilibrage des marchés, tous les producteurs le souhaitent, y compris les acteurs les plus importants et les plus influents sur la scène énergétique, l'Arabie saoudite et la fédération de Russie en tête. Le royaume à introduit son fleuron, Aramco, en Bourse, donc, il n'a pas intérêt à ce que les prix flanchent.
Moscou, en difficulté financière, souhaite contribuer à mettre en place, par sa coopération avec ses partenaires de l'Opep, un marché plus équilibré et qui devrait aider les prix à se stabiliser plus tard. Aujourd'hui, l'Opep espère reprendre sa place et son rôle en tant qu'organisation capable de contrer les menaces qui pourraient peser sur les marchés. Le peut-elle ' Peu probable ! Dans un contexte de grande incertitude au niveau géopolitique, son rôle reste limité sur les marchés, selon plusieurs points de vue.

Youcef Salami
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