Dans son intervention, jeudi, au colloque scientifique portant sur le thème «Théâtre, révolution et engagement», l'universitaire soudanais, Ali Mohamed Saïd Djibril a déclaré : «L'engagement renvoie à une idée du groupe ; celui-ci fait l'histoire. Il est le moteur des événements qui bouleversent la société et marquent une rupture avec l'ancien régime.»
L'engagement se définit donc avant tout d'un point de vue social. Et cet engagement se met en relation avec le théâtre. L'on comprend aussitôt que le théâtre, qui est une expérience artistique en rapport avec la réalité qui est l'âme de la créativité, l'essence même du renouveau, est un engagement artistique qui se base sur la liaison qu'il entretient avec le vécu, c'est-à-dire avec le moment présent, l'instant immédiat. Ainsi, le théâtre, qui est en soi un engagement, se met au service de l'homme, donc de la société et ce, dans le but de changer les choses. De son côté, Omar Mohamed Nekache, universitaire jordanien, estime que le théâtre est engagé dans le but de changer notamment les formes esthétiques. Il s'agit donc d'un engagement artistique. Il estime, par ailleurs, que la révolution et le théâtre se rejoignent, parce qu'ils ont les mêmes objectifs, ceux des changements. Pour lui, «le théâtre devance la révolution». Autrement dit, il y a de la révolution au sein de la pratique théâtrale, et l'impact du théâtre sur les sociétés est grand. «Le théâtre révolutionnaire est celui qui ressent en profondeur l'événement avant même qu'il ne se produise», dit-il. Omar Mohamed Nekache soutient, en outre, l'idée que «le théâtre algérien a joué un rôle important et significatif, voire constructif dans la créativité et la transmission des valeurs humaines ainsi que de nouveaux modèles d'esthétique.» Pour le critique algérien Bouziane Ben Achour, «le théâtre algérien puisait dans les traditions locales en vue de s'investir dans de nouvelles formes d'écriture, cherchant à produire des spectacles à connotations idéologiques.» Et de poursuivre : «Aujourd'hui, le théâtre d'engagement existe, mais différemment.» Djamila Mustapha Azgay, universitaire, a, pour sa part, souligné : «le théâtre rejoint la révolution dans le sens où il appelle aux changements», et de poursuivre : «Il s'est attaché à l'idée de la révolution de façon directe ou indirecte. » En d'autres termes, le théâtre algérien en particulier et le théâtre arabe en général est un théâtre engagé ' et d'engagement.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Y I
Source : www.infosoir.com