Mila - A la une

Industrie pharmaceutique Le Saip tire la sonnette d'alarme



Industrie pharmaceutique                                    Le Saip tire la sonnette d'alarme
Concurrence déloyale, fraude, trafic, irrespect de la réglementation et autres incongruités' constituent, selon ce syndicat, le lot quotidien d'anomalies qui caractérisent le marché national.
Le Syndicat algérien de l'industrie pharmaceutique (Saip) s'inquiète sérieusement pour l'avenir du secteur du médicament en Algérie.
Concurrence déloyale, fraude, trafic, irrespect de la réglementation et autres incongruités' constituent, selon lui, le lot quotidien d'anomalies qui caractérisent le marché national. Après deux années durant lesquelles une lueur d'espoir se profilait à l'horizon, le Saip affiche clairement, désormais, son scepticisme quant à l'émergence d'une industrie pharmaceutique prospère dans notre pays. Le syndicat semble déconcerté par toutes les irrégularités qui continuent d'entretenir la confusion dans ce domaine.
Les syndicalistes trouvent ainsi 'anormal' que des opérateurs s'intéressent uniquement au conditionnement de produits pharmaceutiques, sans penser à se lancer un jour dans la production. Pourtant, la loi les y oblige. Il faut dire que se contenter seulement de mettre en boîte des médicaments ou des étiquettes au-dessus ne peut être considéré comme un véritable investissement.
Et les initiateurs d'un tel projet ne peuvent être qualifiés de producteurs. 'Le conditionnement n'est pas un acte industriel. C'est une activité beaucoup plus nuisible que bénéfique pour la santé publique de par l'absence de traçabilité des différents composants de ces produits', relève le Saip.
Le conditionnement n'est pas un investissement
Il porte aussi, ajoute-t-il, un coup fatal à l'industrie pharmaceutique, notamment aux producteurs qui, eux, ont réalisé des investissements, formé des techniciens, concrétisé des innovations en termes de savoir-faire' Pis, ce créneau n'existe nulle part dans le monde. Il a été même dénoncé par le laboratoire national de contrôle. 'à travers cette activité, les conditionneurs ne cherchent que le gain facile et ne prennent aucun risque', déplore le syndicat.
L'autre étrangeté qu'évoque le Saip a trait à la concurrence déloyale qui s'exerce sur le marché par l'octroi d'unités gratuites de produits pharmaceutiques à des officines et autres praticiens' sur le dos des assurés sociaux ! 'Or le médicament est différent des autres produits. Le citoyen a cotisé afin de payer le prix du médicament le mieux étudié et pour qu'il soit remboursé à juste taux', expliquent les adhérents du Saip, qui rappellent la mission principale de la Sécurité sociale, à savoir la défense des intérêts de son assuré social.
Des unités distribuées gratuitement'
La liste des produits fabriqués localement et interdits à l'importation préoccupe de plus en plus ces syndicalistes. 'Auparavant, elle avait créé en nous un sentiment de responsabilité et de défi. Cependant, depuis environ six mois, cette liste a montré ses limites', reconnaissent-ils, dépités. Car, arguent-ils, certaines multinationales et opérateurs s'y sont adaptés et ont su contourner avec habileté la loi la régissant.
Ces opérateurs 'véreux' procèdent, expliquent-ils, à des enregistrements massifs de formes de DCI (dénomination commune internationale) non interdites à l'importation, en dépit de l'interdiction claire de cette dernière. En un mot, si une DCI est interdite sous une certaine forme telle que les doses, ces opérateurs l'introduisent en sirop, passant outre la réglementation en vigueur. Après toutes ces 'dérives', les partisans du Saip ne peuvent, affirment-ils, que constater les dégâts, dont le plus sensible est la hausse continue de la facture de l'importation qui a avoisiné les 2 milliards de dollars en 2011. 'L'enveloppe est restée toujours lourde à cause essentiellement de l'adaptation de certains opérateurs à la fameuse liste de produits interdits à l'importation', dénoncent-ils.
Malgré les critiques émanant des adeptes du gain facile, l'Algérie, avec cette énorme facture, reste, soulignent-ils, la mieux lotie que n'importe quelle nation. 'Si l'OMS recommande 350 DCI au minimum pour chaque nation, l'on dénombre dans notre pays plus de 7 000 DCI et autres copies et similaires', avouent-ils en toute fierté, en nuançant, en revanche : 'Nous relevons que cette importation, en dépit de la lourdeur de sa facture, n'est souvent pas utile.' Plus explicites, ils déclarent : 'Nous avons le sentiment que cette importation est dirigée et cajolée pour contrecarrer la production nationale que pour être en harmonie avec la santé du citoyen.' Face à cette affligeante situation, les producteurs assistent impuissants à la déliquescence de leurs investissements en termes d'équipements et de création d'emplois.
On n'importe pas utile !
Les fabricants locaux se sentent aujourd'hui 'piégés et abandonnés'. Un fort sentiment de frustration s'empare de ces investisseurs. Car leurs ateliers sont, de nos jours, à l'arrêt et ils croulent sous d'énormes stocks de produits finis. Cela étant, au Maroc, avance le Saip, c'est le producteur local qui est seul habilité à importer le produit fini en quantités complémentaires à celle qu'il a lui-même fabriquée. Ailleurs, il n'existe pas de métier d'importateur en produits pharmaceutiques tel que cela se pratique en Algérie. Ce créneau est réservé à des institutions ou à des producteurs.
à l'image de la Tunisie où seule la Pharmacie centrale peut importer des médicaments, mais de manière rationnelle, afin de ne pas importuner les industriels locaux. Devant un tel constat, le Saip tire la sonnette d'alarme et demande la réactivation de la Commission nationale des produits pharmaceutiques.
Il est grand temps d'agir pour le bien-être du malade et l'émergence d'une industrie pharmaceutique en Algérie. Sans cela, le défi de couverture de 70% des besoins locaux par la production nationale ne sera certainement pas relevé. à bon entendeur'
B K
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)