Mila - A la une

La vente du produit rationnée



La pénurie du lait en sachet subventionné est telle que les revendeurs recourent, désormais, au rationnement de la vente pour satisfaire leur clientèle. Les désolantes images des files, qu'on croyait disparues à jamais, réapparaissent.Vendu à 30 DA depuis longtemps, au lieu de 25 DA, le sachet de lait subventionné est quasiment introuvable ces dernières semaines à Mila. Les revendeurs n'accordent plus que deux sachets par client afin, disent-ils, de "contenter tout le monde". Aussi, assiste-t-on à des scènes de queues d'un autre âge devant les magasins.
Et du coup, les réflexes d'autrefois sont reconduits par les ménages nombreux. "Nous faisons la queue à deux, mon fils et moi, pour avoir les quatre sachets de lait nécessaires pour la fin de semaine", nous dira un homme rencontré dans une queue.
Pis encore, le lait commercialisé est de qualité médiocre, selon les affirmations de nombreux consommateurs ; il est d'une très faible concentration en poudre. "On n'a plus du lait, mais de l'eau dans les sachets ; on est en train de nous flouer", affirme-t-on. Devant cette situation, beaucoup sont contraints de faire contre mauvaise fortune bon c?ur en se rabattant sur le lait de vache cru, vendu à 60 DA le litre, au risque, pour les petites bourses, de mettre à mal le modeste budget familial.
Il faut dire que cette déplorable situation, inédite depuis l'ouverture sur l'économie de marché, au début des années 1990, est générée par les restrictions pratiquées en matière d'importation de la poudre de lait. Des professionnels locaux affirment, en effet, que leurs quotas actuels de poudre sont très en deçà de ceux qu'ils recevaient il y a une année.
Rappelons que le ministre de l'Agriculture, lors de son récent passage à Mila, avait plutôt attribué cette pénurie à la spéculation en promettant "un proche retour à la normale", soit dès que le problème de la spéculation sera réglé.
Or, il semble que l'activité spéculative est elle-même induite par la rareté de la matière première sur le marché.
Kamel B.
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