
A quelques jours de l'entrée en vigueur, à partir du 1er janvier, des nouvelles hausses de prix, notamment ceux de l'énergie, les premiers chiffres - bilan des 11 mois de l'année qui s'achève - laissent augurer de jours difficiles qui attendent la majorité des Algériens pour 2016. Ainsi, on apprend que les importations de médicaments ont baissé de plus de 23% pour la période écoulée, celles du lait de 45% et de 27% pour les matériaux de construction.Il n'est donc pas exclu que la plupart des citoyens pourraient être amenés à connaître des périodes de tensions dans leur quotidien et renouer avec le syndrome des pénuries, par exemple. Et ce, d'autant qu'en matière de ressources financières, les capacités s'amenuisent à vue d'?il alors que le prix du baril de pétrole ne parvient pas à dépasser la barre des 40 dollars. On apprend ainsi que du fait de cette réduction des entrées en devises, le Fonds de régulation des recettes, cette cagnotte qui contient l'épargne publique tirée des excédents des recettes pétrolières, n'a pas connu un seul versement depuis 10 mois et du fait des prélèvements de l'Etat pour boucler le budget pourrait s'assécher plus vite qu'on ne le croit, si rien n'est fait, au plus tard au milieu de l'année 2017.Quant aux réserves de change qui ont fondu de 30 milliards en une année, celles-ci pourraient être totalement épuisées d'ici 5 ans ! En dépit de ces perspectives assez sombres, les décideurs, l'Exécutif ou le gouvernement affichent encore une sérénité de façade, préférant répondre au coup par coup aux effets dévastateurs de la crise, comme par exemple puiser dans le «bas de laine» pour faire face à la demande sociale immédiate, plutôt que d'envisager une stratégie à mettre en ?uvre d'ici les 5 ou 6 prochaines années pour sortir du cercle infernal.Au plan social, les effets seraient ressentis plus tôt qu'on pourrait le penser pour le paiement des retraites où les caisses font appel à la Sécurité sociale dès à présent pour faire face à leurs engagements en raison de leurs ressources propres limitées, qui n'excèdent pas 10 mois, semble-t-il. En d'autres termes et de manière plus générale, une telle situation verrait les fractures sociales se creuser davantage et la précarité gagner du terrain au sein de pans entiers de la société.Face à un contexte aussi tendu, le pouvoir, prisonnier de son improvisation, ne semble pas se résoudre à certaines coupes nécessaires, comme par exemple celles qui consistent à réduire le train de vie de l'Etat, pour l'immédiat et le moyen terme, et encore moins capable d'aller vers des réformes de fond, comme par exemple celle des retraites. Des réformes qui marqueront des ruptures avec les pratiques rentières, d'autant que le secteur formel de l'économie, qui contribue pour une part au financement du social, est sérieusement malmené par l'informel qui échappe bien sûr à tout effort en direction de la collectivité nationale.C'est malheureusement le lieu et le moment de constater que ce qui était attendu de ce dernier avec la «bancarisation» de «l'argent noir ou gris» est assimilé à un échec, de l'aveu même des responsables. Malheureusement, de telles réformes largement partagées et socialement acceptées ne peuvent pas venir d'un pouvoir autoritaire et confronté à un déficit de légitimité depuis la maladie de Abdelaziz Bouteflika. Pis encore quand il est suspecté d'absolutisme ou du moins de pratique «monarchiste».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Reda Bekkat
Source : www.elwatan.com