
Sur une belle nuit de cet éternel été indien algérien, le voyage vers Madaure et Thaghaste a été très facile et pas très dépaysant lors de la projection en avant-première du long-métrage «Saint Augustin, the son of her tears» du réalisateur Seïf Samir qui a eu lieu le jeudi 28 septembre 2017 à 19h à la salle Ibn Zeydoun de l'Oref, sous le haut patronage du ministre algérien de la Culture, Azzedine Mihoubi, en compagnie d'un aréopage constitué d'artistes, techniciens, et intellectuels.Le long-métrage, une coproduction algéro-tunisienne, qui a vu aussi participer une équipe égyptienne et une autre libanaise, est une fiction qui retrace, par un effet d'analogie, l'histoire du grand Saint-Augustin qui, quoique l'on dise, est farouchement algérien. Le déroulé de cette aventure cinématographique raconte l'histoire de Hédi, un cinéaste algérien incarné par Imed Bencheni, vu déjà sur « Zabana » qui travaille dans une chaîne de télévision française. Il est assigné à un documentaire sur «l'augustine».
Après la première vie du philosophe numidien depuis sa naissance à Thaghaste à quelques miles d'Annaba, on découvre son voyage et sa lutte spirituelle entre doutes manichéistes et certitudes chrétiennes entre Carthage et Rome ainsi qu'à Milan.
Le film tourné entre Bône, Madaure, Thaghaste, Rome et Carthage s'en va aussi donner le ton sur le rôle fondamental joué par sa mère Monika qui aura incarné la plus grande forme rhétorique de Sant-Augustin puisqu'en fait, Monika a été la première interlocutrice en dialectique de son fils Augustin avec lequel elle a subi nombre de chassé-croisé philosophiques et aussi physiques puisqu'elle a souvent suivi son fils sur les traces d'un parcours fait des libations les plus hérétiques et des festoiements les plus païens possibles, laissant ainsi le génial rhéteur se poser tous les questionnements possibles dans les méandres d'un cheminement fait de tous les excès permis par la Rome antique entre Numidie et Carthage aussi d'ailleurs.
Cela sans oublier la part importante qui a été « l'Ile » de repos, et de sérénité par son amour indéfectible et inconditionnel incarné par sa concubine Tanit dont l'apport dans la vie d'Augustin fût primordial. Le scénario est élaboré sur le parcours initiatique de l'homme avant de devenir le Santo célèbre est assez monographique, diplomatique et poli. Samir Seïf, l'Egyptien signe là un travail hyper soigné, image impeccable et jeu d'acteur construit sur une fluidité fulgurante tant le texte dialectique transcrit en arabe par la maîtrise du texte s'avère confondante. Les décors même réalisés en images de synthèse servent très bien le propos du film qui est pris sur le point de vue de l'élaboration d'un personnage et son évolution effective jusqu'à la découverte de la vocation de la vraie vocation...
L'histoire est un prétexte pour la découverte des fondements du principe divin découvert un jour à l'ombre d'un Jésus compatissant, le reste des débats, du principe donatiste dénoncé par Saint-Augustin et tutti quanti sont évacués élégamment par l'excellent réalisateur qui nous offre un angle de lecture qui ne gêne bien évidemment personne.
Mais il s'agit aussi d'une ?uvre fictionnelle, d'une proposition esthétique très bien réalisée et l'on s'est délecté sans s'ennuyer une seconde de cette réalisation qui est, sans nul doute, une première du genre. Un film bien mené qui montre que c'est possible !!! L'histoire est donc axée sur un jeune, libéral et «sans attache» morales qui se contentera de l'amour de sa belle concubine tunisienne qui lui annonce qu'elle attend un enfant de lui...c'est le début d'un parcours initiatique qui le mènera sur les traces du grand Saint en explorant ses mémoires, et quelques témoignages avec, en prime, la découverte de la lumière de la rédemption pour Augustin le catholique, et Hédi le musulman...belle fable sur la tolérance...
Samir Seïf est né au Caire en Egypte, il est diplômé du Higher Institute of Cinema, il est réalisateur depuis 1976, et a, quelques, 25 longs métrages à son crédit qui ont été couronnés de succès, on le verra sur la réalisation de Malcolm X de Spike Lee en Egypte, il dirigera aussi nombre de grands acteurs égyptiens, et depuis l'année 2013, il est Président du Festival national du film égyptien. «Saint-Augustin, le fils de ses larmes » est d'ores et déjà incontournable dans la mémoire collective algérienne tant il retrace dans un esthétisme très fort, la pertinence d'un propos et c'est le mérite du réalisateur et des comédiens principaux qui ont servi cette histoire par un jeu d'acteur magistral.
«Saint Augustin, the son of her tears », réalisé par Samir Seïf, Mohamed Ajbouni, co-production algéro-tunisienne, Abdelaziz Benmlouka et Imed Dabbour, production, CTV service, CADC, (Centre Algérien du Développement du Cinéma), CNCI, (Centre National du Cinéma et de l'Image). Distribution : Ahmed Amin Ben Saâd, Aïcha Ben Ahmed, Imed Benchenni, Bahia Rachedi, Raouf Ben Amor, Bahram Aloui, Lassaâd Jamoussi, Najla Ben Abdallah, Ali Bennour.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Jaoudet Gassouma
Source : www.lnr-dz.com