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Bruxelles élude le cas "Algérie"



Sans évoluer d'un iota, l'Union européenne persiste dans sa position vis-à-vis de l'Algérie soutenant que "c'est aux Algériens et à eux seulement de décider du présent et du futur de leur pays". Cette déclaration faite récemment par Federica Mogherini, haute représentante de l'Union européenne (UE) pour la politique étrangère et la sécurité, se confirme aujourd'hui avec son successeur, l'Espagnol Josep Borrell."Dans la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE tenue hier et pour la première fois sous la présidence de Josep Borrell en tant que haut représentant pour la politique étrangère, l'UE évite de remettre en cause la légitimité des prochaines élections en Algérie", écrit le journal espagnol El Pais précisant que "le Conseil des ministres des Affaires étrangères analysera, entre autres, la situation en Libye, en Iran ou en Bolivie.
Mais il ignorera la situation en Algérie malgré des protestations massives contre des élections à la légitimité douteuse, et que des organes indépendants, comme l'International Crisis Group, mettent en garde contre la détérioration de la situation au Maghreb voisin". Le journal le plus lu en Espagne cite des sources communautaires qui, à son avis, "attribuent le silence frappant à la volonté de ne pas s'immiscer dans une situation très délicate dans laquelle toute intervention internationale pourrait aggraver la situation".
Il évoquera aussi des "sources diplomatiques" qui accordent beaucoup moins de bonnes intentions à cette position. "Ce sont les intérêts de pays comme l'Espagne, la France et l'Italie qui ont empêché toute déclaration de la communauté", ont-elles reconnu. Le journal va plus loin dans son analyse en mettant en exergue tout particulièrement la position de l'Espagne en indiquant que "l'Espagne a été l'un des pays les plus belligérants à arrêter Bruxelles, selon les sources consultées.
Et c'est presque le seul pays à avoir publiquement offert sa reconnaissance à une élection présidentielle au cours de laquelle les cinq candidats sont des représentants de l'ancien régime d'Abdelaziz Bouteflika, qui a démissionné pour tenter de contenir les protestations croissantes". En plus clair, le rédacteur de l'article atteste que "le gouvernement espagnol soutient le processus électoral qui se tiendra le 12 décembre" en se référant aux propos du ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, après une rencontre avec son homologue algérien le 28 novembre dernier.
El Pais poursuit : "Pour l'Espagne, l'Algérie est un élément fondamental de la stabilité géostratégique du Maghreb, un domaine-clé pour la gestion des flux migratoires et pour la lutte contre le terrorisme. De plus, l'Algérie est à l'origine de 50% des importations espagnoles de gaz et des entreprises espagnoles telles que Repsol ou Cepsa ont des investissements importants dans le pays." Il se trouve que l'Espagne n'est pas le seul pays européen à s'inscrire dans cette optique.
"Des intérêts similaires maintiennent des pays comme la France et l'Italie. Et l'UE dans son ensemble a préféré ne pas trop s'immiscer dans un processus politique dont la dérive est encore imprévisible", insiste le journaliste rappelant que "même le Parlement européen, généralement plus énergique dans ses résolutions, a opté le mois dernier pour une position dure sur les droits de l'Homme, mais sans aucune référence à la crédibilité ou non des élections que devraient jeudi tenir les autorités algériennes malgré des manifestations qui demandent leur annulation".

Nabila Saïdoun
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