« Pour une prise de conscience salvatrice àtravers la plus large sensibilisation possible de ce phénomène de la violencecontre la femme qui risque de désintégrer davantage notre société dans laquellele noyau familial se trouve aujourd'hui de plus en plus fragilisé». C'estl'impression unanime, et en même temps la conclusion finale, qui s'est dégagéeà l'issue de la journée d'étude qui s'est tenue, samedi dernier, au centreuniversitaire Docteur Yahia Farès de Médéa. Une rencontre placée sous le thème«Violence contre les femmes» et organisée par l'Office des établissements de lajeunesse (ex-CIAJ) de la wilaya de Médéa et l'Institut des lettres et deslangues du centre universitaire Docteur Yahia Farès de Médéa, en étroitecollaboration avec le rectorat de cet établissement universitaire et ladirection de la Jeunesse et des Sports de la wilaya de Médéa. En effet,aujourd'hui, plus que par le passé, les bouleversements sociaux et leursconséquences, notamment sur la cellule familiale, qu'elles soient positives ounégatives, font que la femme se trouve au centre de multiples débats dont leplus important, car présentant un aspect dramatique, se trouve être justementcelui de la violence, sous toutes ses formes, qui est exercée sur elle. Ainsi,du harcèlement sexiste qui se caractérise par une attitude discriminatoire etméprisante à l'égard du sexe féminin, au meurtre en passant par le harcèlementsexuel, les violences verbales et surtout physiques, la femme fait facequotidiennement à des situations qui lui portent atteinte, d'abord en tantqu'être humain et ensuite, ce qui est le plus grave, en tant que pilier de lasociété. S'articulant autour d'objectifs précis tels que «La recherche desmoyens adéquats pour une lutte efficace contre la violence exercée sur lafemme», «L'ouverture d'espaces de dialogue entre spécialistes et toutes lesfemmes victimes de cette violence», «Place et valeur de la femme dans lasociété», «La prise en charge nécessaire et effective des femmes violentées,battues et celles qui se retrouvent dans la rue», cette journée d'étude auraété intéressante et fructueuse pour la nombreuse assistance, à majoritéd'étudiantes, qui avait occupé toute cette vaste salle de conférences DocteurMohamed Bencheneb, bien avant le début des quatre communications programmées.Une journée d'étude dont l'ouverture a été faite en présence de MM. MohamedHaïoula, directeur de l'ODEJ, Abdeladhim Belbekri, DJS de Médéa, Ahmed Diabi,directeur des Affaires religieuses et des Wakfs de la wilaya de Médéa, ainsique du représentant de M. Sâadane Chebaïki, recteur du centre universitaire,hôte de cette journée d'étude. Dans leurs brèves interventions, cesderniers insisteront tous sur «l'importance de telles rencontres d'informationet de sensibilisation, surtout celles qui traitent de sujets aussi délicats quecelui pour lequel nous sommes réunis aujourd'hui. Cette violence contre lesfemmes que nul ne saurait accepter et encore moins taire».Ce sera ensuite aux intervenants d'entamerleurs communications portant sur «La violence contre la femme et le droitinternational», du docteur Toufik Kadri, recteur-adjoint du centreuniversitaire Docteur Yahia Farès de Médéa, «La femme et la pratique de lapolitique», «La violence contre la femme: comportement conjoncturel ou inné» etenfin «La violence contre la femme selon la loi islamique» présentéesrespectivement par le professeur Ali Rebidj, le docteur Choutri et leprofesseur Nadji Chenouf, tous les trois exerçant au centre universitaire deMédéa. Des communications qui auront eu le mérite de retenir l'attention desprésents, ce qui se traduira par de nombreuses questions posées surtout par desétudiantes et auxquelles des réponses ont été apportées par les conférenciersau cours du débat général qui s'ensuivit et duquel l'on retiendra le plusimportant: le manque de statistiques officielles concernant les femmesmaltraitées dans notre pays, contrairement à ce qui se fait dans de nombreuxpays et auquel s'ajoute malheureusement ce «refus volontaire» observé par unegrande majorité de ces femmes victimes de violences, de déposer plainte, voirede se confier ne serait-ce qu'à leurs familles ou à leurs amies.Ceci pour des considérations que tout le mondeconnaît, à commencer par cette «honte qui décourage et paralyse». Ce quiencourage davantage les responsables de tels actes de violence, confortés parcette sorte d'impunité dont ils «bénéficient». Et ce sera justement cet appelqui sera lancé, dans ce sens, en direction de toutes les femmes victimes deviolences en milieu familial, dans la rue, sur le lieu de travail: «Parlez, nesouffrez plus seules en silence. Brisez ce tabou qui ne fait que vous confinerdans cette misère morale que personne ne pourra connaître et, par voie deconséquence, ne pourra vous apporter l'aide indispensable dont vous avez tantbesoin».
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Rabah Benaouda
Source : www.lequotidien-oran.com