La situation risque de se compliquer au Sahara Occidental. Le Front Polisario annonce qu'il ne tolérera plus la présence des sociétés étrangères sur les territoires occupés et exige leur retrait dans un contexte marqué par une nette intensification des combats avec l'armée marocaine.Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Cet appel interpelle aujourd'hui plus que jamais en raison de la grande tension qui sévit dans la région. Les indicateurs laissant entendre que la situation pourrait se compliquer, se détériorer davantage même, sont actuellement nombreux. Depuis la rupture du cessez-le-feu, en novembre 2020, les combats ont, non seulement repris mais, se sont intensifiés ces dernières semaines.
Le Front Polisario tient un décompte des opérations menées : plus de « deux mille opérations militaires menées en une année dans 103 régions le long du mur de sable », annonçait-il il y a cinq jours, à l'heure où les forces armées marocaines multiplient, de leur côté, des attaques principalement menées à l'aide de drones. Ces combats pourraient cependant s'intensifier et se généraliser. Le 12 novembre dernier, le chef d'état-major de l'armée sahraouie a, en effet, annoncé que la guerre allait « se généraliser et s'étendre au-delà du mur de séparation ».
Un appel avait été lancé à la même occasion aux sociétés étrangères, afin de cesser toute opération d'investissement dans les territoires occupés. Ce dimanche, le ton a cependant changé puisque les Sahraouis parlent à présent « d'exigence » du retrait « immédiat » de toutes les sociétés implantées au Sahara Occidental, « car leur présence constitue une violation flagrante des dispositions du droit international ». Dans un communiqué publié ce dimanche, le Front Polisario a également qualifié l'appel introduit par l'Espagne et la France auprès du Conseil européen de « source de préoccupation profonde» dans la mesure où «il démontre la conspiration montée par certaines parties européennes avec l'occupant marocain, pour continuer à piller les richesses du peuple sahraoui ».
L'appel a été introduit suite à l'annulation des accords de pêche et d'agriculture signés entre l'Union européenne et le Maroc.
Les Sahraouis accusent la France de jouer un « rôle négatif depuis le déclenchement du conflit au Sahara Occidental » et s'interrogent également sur la position ambiguë de l'Espagne qui semble se « plier aux injonctions du Maroc ».
Le Front Polisario ne donne pas d'ultimatum, mais insiste, par contre, sur le caractère illégal de cette présence sur un territoire occupé. Le fait de réclamer un retrait rapide des sociétés étrangères à l'heure où une généralisation des combats est annoncée augure-t-il de l'amorce d'un nouveau virage au Sahara Occidental ' En octobre dernier, l'Algérie avait, de son côté, alerté le Conseil de sécurité sur les risques d'escalade, « des risques sérieux », avait déclaré l'envoyé spécial pour le Maghreb et le Sahara Occidental.
Amar Belani s'est également interrogé sur le « rôle de la Minurso dans ce nouveau contexte marqué par la rupture du cessez-le-feu et sachant que la tenue d'un référendum d'autodétermination qui est la raison de la présence de la Minurso est en attente depuis une trentaine d'années ».
A. C.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abla Chérif
Source : www.lesoirdalgerie.com