Mascara - Revue de Presse

Soirées littéraires de l’espace Bélux



Rencontre avec l’écrivain Kamel Daoud De par la teneur des rencontres littéraires de haute facture qu’il abrite et l’intérêt que ces dernières suscitent auprès du public, l’espace Bélux tend à s’affirmer, depuis le début du mois de ramadan, en un véritable pôle culturel. Fasse le ciel que cet élan se maintienne et constitue les prémices d’une réelle relance de la vie culturelle dans la ville. Dans la soirée de dimanche, rendez-vous était donc donné à un homme de lettres, en l’occurrence le journaliste et écrivain Kamel Daoud, venu donner lecture de larges extraits d’une nouvelle de son dernier ouvrage et animer un débat. Pour la circonstance, de fervents cinéphiles oranais, dépités par le report de la projection en avant première mondiale du film «Mascarades» de Lyès Salem prévue à la cinémathèque, viendront, en compagnie du réalisateur, grossir les rangs des amis des belles lettres et assister à cette rencontre littéraire. La qualité et la chaleur des débats mitigeront leur courte déception. Après une brève présentation de sa biographie par l’universitaire Mme Ouhibi, qui qualifiera l’écrivain de «personnage tourmenté et de grande culture», l’invité Kamel Daoud donnera, dans une diction rapide et saccadée qui rappelle le ton de ses chroniques, lecture des dix dernières pages de sa longue nouvelle «L’Arabe et le vaste pays de «Ô» tirée de son recueil éponyme, qui a été couronné du Prix de la Fondation Mohamed Dib pour l’année 2008, en apportant d’intéressants éclairages sur son ouvrage qui compte trois autres nouvelles, notamment «Djibril et Kérosène», «La préface du nègre» et «L’ami d’Athènes» qui traduisent, toutes, la culture du « sentiment d’échec chez l’Arabe». L’écrivain, pour éviter tout malentendu, tiendra à donner des précisions sur l’utilisation du vocable qui fait plus référence à une attitude par rapport au monde qu’à un individu situé géographiquement ou culturellement. La nouvelle est un pastiche du célèbre roman «Robinson Crusoe» de Daniel De Foe, où l’histoire serait racontée par le personnage Vendredi qui incarnerait l’homme arabe. Lors d’un voyage vers les USA, l’homme arabe se retrouve naufragé dans une île où il perdra sa foi dans la religion. Le débat sera amorcé, comme de coutume, par l’universitaire et boutefeu Hadj Meliani qui, par ses doctes interventions, réussit à donner à chaque fois de nouvelles pistes à la discussion. Compte tenu de la sensibilité des thèmes qu’il aborde, le recueil de nouvelles «L’Arabe dans le vaste pays de «Ô», dont la sortie est prévue au mois de novembre, ne manquera certainement pas de susciter de sulfureux débats. En attendant sa sortie, continuons «quotidiennement» de nous abreuver goulûment de ces chroniques à l’ironie impertinente et au style corrosif qui nous renvoient implacablement l’image de nos déboires. G. Morad
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