Lyès Salem séduit les cinéphiles oranais
Les cinéphiles oranais, lundi en soirée, ont été agréablement surpris, lors de la projection, en première nationale, du film «Mascarades» de Lyès Salem, de découvrir à la fois un excellent comédien et un réalisateur de talent.Premier long métrage de Lyès Salem, produit avec l’appui d’Alger, capitale de la Culture arabe, le film a été tourné en 2007 dans le village de M’Chounèche, près de Biskra. Le film sera présenté au 1er Festival du film Francophone d’Angoulême et se verra décerner par le Jury, «le Valois du meilleur film» qui constitue la plus haute distinction du festival. C’est dans un village anonyme, dans une région montagneuse aux portes du désert, un décor qui rappelle étrangement le western, que le réalisateur Lyès Salem est venu donner corps à sa comédie loufoque. Dans cette bourgade, qui sommeille au soleil, rien ne se passe. La seule distraction est le colportage de ragots dans les cafés autour de parties de dominos ou le grand rallye que livrent, périodiquement, les pétaradants cortèges de voitures rutilantes lors de prétentieuses cérémonies mariages. La place centrale de la paisible bourgade sort alors de sa léthargie pour se voir submerger par l’épais nuage de poussière, provoqué par la course folle des voitures, «enfarinant» les curieux qui suivent, impavides, le bizarre et bruyant manège qui bouleverse leurs habitudes. Lyès Salem s’est donné beaucoup de plaisir en truffant son film d’autres gags désopilants qui passent aisément à l’écran pour soutirer au spectateur un rire franc. Le film relate l’histoire de Mounir (interprété par Lyès Salem), marié et père d’un enfant, qui abrite sous son toit sa sœur Rym (Sarah Reguieg). La jeune fille souffre de narcolepsie, une étrange maladie du sommeil, et vit secrètement une idylle avec le jeune Khelifa (Mohamed Bouchaïb). Sa maladie fait d’elle la risée du voisinage qui la considère comme une handicapée. Mounir, qui entend marier sa sœur à un bon parti, va user d’un habile subterfuge pour changer le cours des choses: il laissera courir la rumeur selon laquelle un très riche homme d’affaires australien serait sur le point d’épouser Rym. Le regard des habitants du village va alors subitement changer et ses anciens détracteurs se mueront rapidement en courtisans. Le subterfuge sera balayé par Khelifa qui révèlera à Mounir son amour pour Rym. Le film se terminera par un heureux mariage et, comme le veut la tradition, par le cérémonial et bruyant cortège de voitures dans la place du village. «Mascarades» est un film dans la pure tradition de la comédie italienne, où l’humour plein d’entrain est basé sur un comique de situations. A la fin de la projection, Lyès Salem animera un débat avec le public qui sera unanime à saluer le film et les comédiens pour leur admirable prestation. L’hommage viendra d’ailleurs du premier intervenant, un professionnel de l’audiovisuel de surcroît, qui lancera au réalisateur cette boutade «Où étiez-vous caché», un propos qui révèle le formidable effet qu’a produit le film sur le public. Le réalisateur Lyès Salem est né en 1973 à Alger. Comédien de théâtre, de télévision et de cinéma, il fera des études en Lettres Modernes à la Sorbonne puis poursuivra une formation à l’Ecole du Théâtre National de Chaillot et au Conservatoire National d’Art Dramatique. Il jouera dans plusieurs pièces du répertoire universel. En 1998, il met en scène et joue dans «Djelloul, El Fhaïmi», un tableau de la célèbre pièce «El Adjouad» de Abdelkader Alloula. Il apparaîtra à la télévision et au cinéma. En 1999, il réalise son premier court-métrage intitulé «Lhasa», suivi en 2001 de «Jean Farès», prix Jeune public à Montpellier. En 2003, Lyès Salem réalise le court-métrage «Cousines» qui aura beaucoup de succès et remportera plusieurs prix internationaux ainsi qu’un César.
G. Morad
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com