
Les Monts des Beni-Chougrane (en arabe : جبال بني شقران) constituent une chaîne montagneuse située dans le nord-ouest de l'Algérie. Ils font partie de l'Atlas tellien, une branche du système atlasique.
Cette chaîne s'étend entre la plaine de Habra-Sig au nord et la plaine de Ghriss au sud. Elle couvre principalement les wilayas de Mascara (environ 60 % de sa superficie), Sidi Bel Abbès et Relizane. La superficie totale avoisine les 330 000 hectares, dont une grande partie dans la wilaya de Mascara, couvrant plusieurs communes.
Le relief est complexe et accidenté : massifs en forme de dômes, hauts plateaux et vallées encaissées. L'altitude varie généralement de 300 à 800 mètres, avec un point culminant à environ 932 mètres près d'El Bordj. À l'est, l'oued Mina les sépare des monts de l'Ouarsenis ; à l'ouest, ils se prolongent par les monts de Tessala.
Le climat est méditerranéen semi-aride : hivers froids et pluvieux, étés chauds et secs. Cette configuration favorise une forte érosion des sols, accentuée par le relief accidenté. La région abrite des forêts riches en pin d'Alep, tétroclinis articulé et maquis à lentisque. Elle est vulnérable à la désertification, à la dégradation des pâturages et à l'envasement des barrages. Plusieurs barrages y sont implantés pour la gestion de l'eau.
La faune inclut la gazelle de Cuvier (espèce en danger), et la région soutient l'apiculture, bien que menacée par divers facteurs.
Le nom provient de la tribu des Beni-Chougrane, qui a joué un rôle dans la résistance algérienne. La région est liée à l'Émir Abdelkader, né à proximité, et a été le théâtre d'événements historiques, dont une révolte en 1914 contre la colonisation française.
La zone est propice à l'agriculture (céréales, vignobles, arboriculture) et à l'élevage. Elle possède un potentiel touristique grâce à ses paysages variés, ses forêts et son patrimoine historique, bien que peu exploité pour l'instant.
Posté par : patrimoinealgerie
Ecrit par : Photo : Hichem BEKHTI