Laghouat - A la une

Prévisions pessimistes



Prévisions pessimistes
Incitation - Certes, ils n'ont fait aucun discours électoral mais tout le monde l'aura compris : «l'Etat compte sur vous pour vous rendre le 10 mai aux bureaux de vote.
Soyez-y nombreux», tentaient-ils de faire comprendre.
Certains connaisseurs des rouages des hautes sphères de l'Etat confirment que l'électeur algérien sera bel et bien absent le 10 mai prochain, jour de l'élection d'une nouvelle Assemblée populaire nationale (APN). Selon des sources proches du dossier, le pourcentage des Algériens à vouloir se présenter ce jour-là aux bureaux de vote ne dépassera pas les 15%.
Il faut agir et il faut surtout rappeler aux Algériens «leur devoir de citoyens». Pour ce faire, tous les moyens sont bons. Les ministres, qui se faisaient rares jusque-là lors des catastrophes naturelles, ont adopté d'autres méthodes ou ont été contraints de le faire, se dépêchant le lendemain, voire le jour même d'une quelconque crise, à la rencontre du citoyen. Les caméras de l'unique ont pris bien soin de montrer des citoyens grelottant de froid récemment à Laghouat et à El Tarf.
Les Algériens ont bien vu également le ministre de l'Energie se rendre «en pleine tempête de neige» au centre enfûteur de Sidi R'zine pour veiller au bon déroulement de la distribution du gaz naturel et ainsi permettre «aux citoyens des zones reculées d'en disposer». Certes, ils n'ont fait aucun discours électoral mais tout le monde l'aura compris : «l'Etat compte sur vous pour vous rendre le 10 mai aux bureaux de vote. Soyez-y nombreux», tentaient-ils de faire comprendre. Ce n'est pas tout. Le département de Daho Ould Kablia est allé plus loin. C'est une véritable campagne qui est menée par SMS. Chaque abonné des trois opérateurs de la téléphonie mobile a eu droit à son lot de SMS. «Voter est un acte citoyen», ne cessait le ministère de l'Intérieur de rappeler. Le même SMS est reçu le minimum deux fois par semaine. Le ministre des Affaires religieuses, quant à lui, a eu une meilleure idée.
Ce sont les imams qui sont mobilisés en la circonstance. «La mosquée, qui a été utilisée par certains groupes pour susciter la haine dans les rangs d'un même peuple, doit servir aujourd'hui la nation», a affirmé Bouabdallah Ghllamallah à partir de Sétif et de Boumerdès. Et là, sans occulter les campagnes médiatiques télévisées et radiodiffusées.
Des milliards sont dépensés rien que pour inviter les Algériens à voter. En matière de « sensibilisation», les pouvoirs publics n'ont assurément pas dit encore leur dernier mot. Sans nul doute, l'avenir nous en dira plus.
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