Laghouat - COMMUNES

Le siège de Laghouat en 1852 est un épisode de la colonisation française de l'Algérie (1830-1871).



Le siège de Laghouat en 1852 est un épisode de la colonisation française de l'Algérie (1830-1871).
Le siège
Le général Aimable Pélissier, commandant une armée de 6 000 hommes, assiège la ville de Laghouat le 21 novembre 1852. L'assaut décisif de la ville eut lieu le 4 décembre où la ville fut prise par les Français. Le traitement brutal des habitants de la ville faisait partie de la tactique de la terre brûlée menée par l'armée française, l'un des premiers cas d'utilisation d'armes chimiques sur des civils fut enregistré pendant cet assaut.

L'assaut de Laghouat1,2 se transforme rapidement en plusieurs jours de massacres pour punir la population insurgée. La bataille fait également plusieurs morts du côté français dont le général Bouscaren, ce qui augmente la ferveur des soldats français de vouloir se venger de la population pour en donner l'exemple aux autres villes du sud de l'Algérie. Environ les deux tiers (2 500 à 3 000 sur un total de 4 500 habitants restant dans la ville assiégée), y compris des femmes et des enfants, sont massacrés3,4,5.

Le massacre laisse un profond traumatisme chez la population de Laghouat qui persiste jusqu'aujourd'hui. L'année de la Khalya (qui signifie « vide » en arabe) est la dénomination commune chez les habitants de Laghouat de cette année, où la ville fut vidée de la majorité de ses habitants. Elle est également connue comme l'année des sacs de jute, par allusion au fait que les hommes et les garçons survivants capturés, toujours en vie, furent mis dans les sacs de jute et jetés dans des tranchées creusées. De nombreux rapports sur la bataille sont rédigés par des chefs et des soldats de l'armée ainsi que par des visiteurs de la ville après le massacre, rendant compte de l'atmosphère morbide de la ville après le siège.

Les femmes qui survivent ont tellement peur que leurs jeunes fils soient récupérés par les forces françaises, ils emploient une ruse pour les cacher, en les habillant en filles et en leur faisant porter des boucles d'oreille. La tradition de protéger les jeunes garçons du mal avec une boucle d'oreille persiste jusqu'aujourd'hui[réf. nécessaire].

Le niveau de brutalité du massacre de Laghouat est à la fois une démonstration de force et une partie de la longue tactique de la terre brûlée menée par les trois généraux français qui prennent la ville fortifiée. Au cours de la bataille de Laghouat, plusieurs tribus et autres républiques et forteresses de la ville apportent leur aide pour tenter d'arrêter l'avancée des Français, à savoir Ghardaïa (et donc l'ensemble de la confédération mozabite), Metlili et Ouargla. Les nobles de ces dernières villes, après avoir été témoins ou entendus des atrocités commises à Laghouat, cherchent rapidement à arrêter un accord pacifique pour rendre leurs villes ou signer des traités gardant leur autonomie sous la protection de la France.

Quelques mois après Laghouat, le 29 avril 1853, le général Randon, gouverneur français d'Algérie, signe un traité de protectorat avec les nobles des villes du M'zab, connu en France sous la dénomination « traité de protectorat du Mzab »6.

Notes et références[modifier le code]
↑ « La conquête coloniale de l'Algérie par les Français - Rebellyon.info », rebellyon.info (consulté le 24 novembre 2017)
↑ Théodore Pein, Lettres familières sur l'Algérie : un petit royaume arabe,, Paris, C. Tanera, 1871, 363–370 p. (lire en ligne)
↑ « LES VÉRITÉS QUI DÉRANGENT : LA TRAGÉDIE DE LAGHOUAT EN 1852 », sur www.historia.fr (consulté le 11 décembre 2022)
↑ (en) « Mostéfa Khiati. Médecin-chercheur : «Il est indispensable de créer des bulles d’histoire» », sur El watan (consulté le 11 décembre 2022)
↑ Rédaction LQA, « LA FRANCE COMMIT LE 1ER MASSACRE A L’ARME CHIMIQUE DE L’HISTOIRE, EN ALGERIE », sur Le Quotidien d'Algérie, 5 décembre 2022 (consulté le 11 décembre 2022)
↑ Edgard Rouard de Card, Traités de la France avec les pays de l'Afrique du Nord : Algérie, Tunisie, Tripolitaine, Maroc, Paris, A. Pédone, 1906, 9; 95, 420 (lire en ligne)


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