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Le logement et l'emploi Edito : les autres articles



Le logement et l'emploi                                    Edito : les autres articles
Plus que l'abstention aux prochaines élections, le climat d'émeute permanent à travers le pays constitue la vraie hantise pour nos gouvernants. Prolixes lorsqu'il s'agit de railler le MSP et sa brusque sortie de l'Alliance présidentielle, de renvoyer la mouvance démocratique à ses échecs passés, ou de tirer des plans sur l'après-législatives de mai prochain, les représentants du gouvernement restent sans voix devant l'effervescence de la scène sociale. Ils savent que tout l'édifice législatif bâti au prix de laborieuses consultations, dans le but proclamé de «renforcer» la démocratie dans le pays, peut être rendu caduc si les contestations sociales endémiques prennent la forme d'une révolte de masse.
Les émeutes, qui secouent de nombreuses villes, renvoient chaque jour au pouvoir en place l'ampleur de l'échec de tous les démembrements de l'Etat dans ses missions de développement local et de la garantie de l'équité sociale. Les pouvoirs publics sont aujourd'hui incapables d'attribuer des logements sociaux sans provoquer d'émeutes ou d'assurer un minimum de transparence dans les dispositifs d'aide à l'emploi. Des autorités locales, comme à Laghouat, sont amenées, sous la pression de la rue, à se déjuger, à annuler le travail des commissions mises en place pour soi-disant garantir la répartition juste des logements.
Les manifestants ne décolèrent pas, réclamant des sanctions contre les segments de l'administration ayant pris trop de liberté avec les dispositions réglementaires. Les chiffres alignés par le gouvernement au sujet des réalisations en matière de logement se révèlent en décalage total par rapport aux attentes des populations, puisqu'au bout de la chaîne, l'émeute est toujours au rendez-vous. Le constat d'échec de la gouvernance locale a été fait par le président de la République lui-même lors des assises sur le développement organisées par le CNES à la fin de l'année dernière.
Le chef de l'Etat avait pointé la «défaillance» de l'administration locale, occultant le fait qu'il en est le premier responsable. L'Algérie est l'un des rares pays au monde où les dirigeants établissent l'échec de leur politique sans en tirer les conséquences, où les walis effacent tout et recommencent sans situer aucune responsabilité parmi les agents de l'Etat.
Les successives augmentations des salaires adoptées l'année dernière comme stratégie de prévention des troubles sociaux n'ont pas produit les effets escomptés.
Le pouvoir n'a pas obtenu son sursis social pour mener à terme sa feuille de route politique. Un an après les émeutes du «sucre et de l'huile», les gouvernants se retrouvent empêtrés dans les questions brûlantes du logement et de l'emploi. Accroché aux satisfecit des capitales occidentales, le pouvoir est sans cesse ramené par les jeunes manifestants face à un malaise social grandissant.
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