
Le commerce se porte bien dans notre pays. De 118.000 commerçants en 1962, nous sommes passés à près d'un million six cent mille en 2012, selon le Cnrc (Centre national du registre du commerce), qui a donné, hier, l'information. Si la population est quatre fois supérieure à ce qu'elle était en 1962, les commerçants, eux, ont vu leur nombre multiplié par 13 durant cette même période. Ce qui donne, toujours selon le Cnrc, un commerçant pour 23 habitants en 2012 au lieu d'un commerçant pour 90 habitants à l'indépendance. Il faudra peut-être s'arrêter si on ne veut pas avoir, à ce train-là, plus de commerçants que d'habitants. Il faudra peut-être aussi s'arrêter de «produire» des commerçants et mieux penser à leur source d'approvisionnement. Même si le Cnrc ne fait pas la même comparaison avec le nombre d'industries, il publie néanmoins leurs chiffres de 2012. Sur un total de 181.000 entreprises créées l'an passé, seules 27.000 concernent «le Btph et l'industrie». Par le seul fait de regrouper ces deux secteurs, pourtant bien distincts, le Cnrc laisse deviner que la part réelle de l'industrie mérite d'être cachée. Le reste des 181.000 entreprises comprend celles qui exercent dans les services, dans le commerce (en détail et en gros) dans l'import-export et l'artisanat. Alors, qui approvisionne le million six cent mille commerçants' Il faut revenir au précédent communiqué du Cnrc pour le savoir. Ils sont «23.258 importateurs (revente en l'état) qui exercent conformément aux nouvelles dispositions de l'arrêté du 13 juin 2011» précise le Cnrc. Entendez par là les importateurs qui se sont conformés à l'obligation de renouvellement de la validité de leur registre du commerce tous les deux ans. Pour être complet, sur ces 23.258 importateurs, 5532 importateurs sont des nouveaux qui se sont immatriculés après l'arrêté en question. C'est-à-dire en un an et demi. Voilà un créneau en bonne santé tant que l'industrie restera un grand malade. Tout récemment, nous avons signalé la très mauvaise santé de l'industrie. Le Cnrc vient de délivrer son bulletin de mauvaise santé, de manière très officielle. Il ne s'agit ni de climat des affaires, ni de 49/51%, ni d'IDE. Que les choses soient claires. Il s'agit de petites et moyennes entreprises qui peuvent être créées par les mécanismes existants de l'Ansej et autres formules d'aides à la création d'entreprises en direction des jeunes. Que fait-on pour informer, orienter et accompagner les jeunes vers la production industrielle' A Laghouat, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a été clair en instruisant le wali de ne pas attendre que les jeunes viennent à lui. Que c'est à lui de faire le pas. Certes, il s'agissait de projets agricoles, mais cela vaut aussi pour l'industrie. Sur ses fiches, le Cnrc inscrit ce que ces 23.258 importateurs revendent en l'état. Il suffit de relever ces produits et d'orienter les jeunes vers leur production. D'enclencher le processus de substitution. Il faut arrêter d'importer des biscuits ou des boulons que des jeunes peuvent produire ici. A l'ère de la mécanisation, il suffit d'une formation, rapide, sur des équipements qui, eux, peuvent être utilement importés. L'industrie lourde dont ils font partie n'est pas encore à l'ordre du jour. Rien à voir avec les gros contrats de partenariat à l'international. La petite industrie peut à elle seule combler des besoins, créer des emplois et surtout, surtout, amorcer une dynamique d'entreprenariat qui fait défaut. Cessons de focaliser sur l'international dès qu'il s'agit d'industrie. Sur le savoir-faire. Aujourd'hui, pour beaucoup de produits, c'est une affaire d'équipements. Il suffit d'apprendre à les faire fonctionner. Nos jeunes ne sont pas moins intelligents que ceux du reste du monde. Pourquoi ne pas fixer, comme pour le logement, le cap du million de petites industries' Le miracle n'a besoin que de volonté politique!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zouhir MEBARKI
Source : www.lexpressiondz.com