Formalité
En dépit de la sérénité et du calme qui ont prévalu lors du scrutin, ni l?affluence juste moyenne, ni la mobilisation des moyens, encore moins la prolongation d?une heure de la fermeture des bureaux de vote à Hassi Delaâ et Laghouat, en raison des précipitations, n?expliquent le taux de participation annoncé de 88,10%, et que certains de ceux qu?on a interpellés n?a jugé utile de commenter. Un membre d?un bureau de vote, bien avant de rompre le jeûne qu?il observait, a juré que le taux de participation dans son bureau atteignait à peine 50% pour passer, en l?espace d?une heure et en son absence, à plus de 99%. A Aflou, deuxième centre urbain, les scrutateurs sont restés trop longtemps face à eux-mêmes, y compris lors des dépouillements pour que le taux de 96% soit contesté ou confirmé. Les rares faits retenus sont ceux ayant trait à la liste des personnes désignées pour l?encadrement des bureaux. Pour l?anecdote, un contestataire a eu droit à plusieurs jours d?arrêt de travail, suite à une bagarre au niveau du chef-lieu de wilaya. Même les correspondants de presse n?ont pas jugé utile d?utiliser les locaux mis à leur disposition par la wilaya pour dire l?atmosphère qui a prévalu. S?agissant d?un fief islamiste, on avait déjà une idée sur l?attitude qu?observerait la mouvance au regard du niet opposé aux sollicitudes de Madani Mezrag ; le reste a été entamé par les incidences du discours prononcé par le chef de l?Etat face à un public grossi de renforts ramenés de Djelfa, Bayadh, Ghardaïa. Hormis quelques communes où le taux de participation s?explique par l?emprise des relais locaux, les zaouïas en l?occurence, le taux de 100% annoncé dans certains cas frise l?exagération tant il est ignoré qu?entre-temps, et depuis les dernières pluies, plusieurs ménages et des douars entiers se sont déplacés vers les zones présahariennes, nomades qu?ils sont. L?attitude des électeurs à Laghouat si elle révèle l?échec des acteurs qui se sont engagés dans le processus, se veut une manière d?interpeller les pouvoirs publics sur une relance qui n?arrive pas à démarrer en dépit des moyens financiers mobilisés et sur des promesses non tenues. Pour le reste, il serait erroné d?interpréter l?indifférence des citoyens comme une opposition à la paix galvaudée quand c?est la démarche qui est mise en cause. « Le débat sur la charte n?a pas eu lieu, et rien n?est plus nocif à la paix retrouvée que le zèle qu?ont certains agents de l?administration à vouloir suppléer à la volonté citoyenne qui ne cherche qu?à s?exprimer librement », nous confie un cadre éc?uré sous couvert de l?anonymat.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M. Z.
Source : www.elwatan.com