A partir de Laghouat, le Premier ministre rassure les jeunes du «reste de l'Algérie» : toutes les mesures prises en faveur de l'emploi et du développement pour les régions du Sud seront généralisées dans tout le pays.
Il «rassure» mais il n'a pas oublié d'avertir, dans la foulée, que l'Etat ne peut pas tout donner et qu'il va falloir de l'investissement, de la production et du' développement. Ah bon ' On pensait que la croissance, le développement et la production, on y avait déjà' pensé !
Il aura finalement fallu qu'on se rende compte que les promesses faites dans la précipitation en raison du contexte général, et surtout en raison d'une réelle ou supposée lame de fond politique, qui porterait les colères sociales, pouvaient ne pas être toutes tenues, pour qu'on mette une larme de réalisme dans le discours.
A priori, il ne semble pourtant pas très difficile de les tenir, ces promesses, puisqu'elles tiennent essentiellement dans la «distribution», directement puisées dans le Trésor public, ou obtenues à sa «périphérie» par injonction aux entreprises publiques, aux banques et même à' la police, sommées sans coup férir de délivrer des chèques ou de «créer» des emplois.
Mais voilà, l'urgence étant passée, on sait maintenant qu'on ne peut pas donner du travail et de l'argent parce qu'on le veut bien, surtout que des alertes se font entendre depuis quelque temps : l'Algérie n'est pas si riche que ça et tout indique qu'elle le sera encore moins dans les toutes prochaines années.
Comme on ne semble pas oser les réformes nécessaires du passage de la rente au développement et que celles-ci, de toute façon, prendront du temps et auront un coup social et des implications' politiques, on semble encore avoir fait le «choix» de parer au plus pressé.
Ce n'est pas qu'on a gagné en lucidité dans la gouvernance économique mais on estime qu'on a gagné suffisamment de temps après la gronde pour pouvoir mettre un bémol.
Et suggérer qu'on ne peut tout de même pas dépenser sans compter parce que les cours du pétrole ne peuvent pas rester indéfiniment au niveau de confort, et notre sous-sol, comme nos caisses, n'est pas aussi fertile qu'on le dit. Même pas assez pour faire passer les tourmentes les plus imminentes.
Pourtant, rien n'a changé dans le «réflexe». Quand, au micro de l'ENTV, un responsable local avait dit qu'il ne manquait qu'une' dizaine de milliards de dinars pour aller au bout d'une infrastructure routière, M. Sellal a été expéditif dans sa réponse : «On vous les ajoutera !»
Et de continuer sur la lancée : «L'Algérie a certes quelques petits problèmes internes mais pas avec le degré de gravité que certains veulent faire croire», avant de s'en prendre à «ceux qui exploitent les difficultés des jeunes pour semer la fitna».
Des «jeunes» qui, avant cela, ne pouvaient compter que sur l'Etat pour leur donner du travail et qui désormais doivent comprendre que «cela reste insuffisant», puisqu'il faut essayer de «créer des PME, là où le privé doit intervenir».
Ah, bon ' On pensait que l'Etat avait déjà' pensé à encourager la création des PME ! Pour le «développement, pour la production et pour la croissance»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Temps d'Algérie
Source : www.letempsdz.com