L'énergieéolienne est partout disponible sur le territoire national. Elle présente unintérêt certain pour son développement et son utilisation, notamment dans leszones steppiques.Elle est trèsattractive pour les éleveurs et les agriculteurs ainsi que pour les habitantsdans des sites isolés et pour les petites communautés. Source alternatived'énergie, elle contribue à réduire sensiblement la consommation de carburant,de pièces détachées et le recours aux mécaniciens. Sa maîtrise et la connaissancedes régimes des vents permettent une meilleure protection des sols contrel'érosion, la progression du désert et la préservation de l'environnement. INTRODUCTIONToute activitéhumaine, quelle qu'elle soit, requiert un minimum d'énergie. Elle ne se posepas avec acuité là où elle est disponible, facilement accessible et surtout bonmarché. Or tel ne semble pas être le cas, actuellement, tout le long de lasteppe, de Béchar à Tébessa.Les énergiesfossiles (pétrole et gaz) ne vont pas être supplantés de sitôt par les énergiesrenouvelables (solaire, éolienne) mais, la part de ces dernières ne cessed'augmenter. Depuis la création du Commissariat aux Energies Nouvelles en 1982,du Haut Commissariat au Développement de la Steppe en 1981 et l'élaborationrécente de textes législatifs, telle que la loi sur les énergies renouvelables(2004) et celle relative à l'électricité (2002), l'option du recours auxénergies renouvelables en Algérie a pris un essor certain. Elle reste à êtrematérialisée par des projets d'envergure autrement plus importants que ce qui aété réalisé jusqu'à présent.L'électrification,le gaz de ville, les dépôts de carburants, s'ils ont touché les principalesagglomérations, n'ont pas pénétré partout, et ne pourront pas, pour des raisonsde coût, être introduits partout à travers la steppe. Est-ce à dire que ceszones ou régions sont condamnées à vivre dans le dénuement, à subir ledépeuplement et l'exode vers les centres urbains et par voie de conséquences àaccélérer la désertification. LES ENJEUX : ROLE DE L'EAULe problème de lasteppe est avant tout un problème d'eau, source de vie et de développement.Cette eau est nécessaire pour la consommation humaine, la consommation animaleet pour l'irrigation. Ces trois données ne revêtent pas la même importanced'une région à une autre, d'une zone à une autre compte tenu de la nature dessols, de leur occupation et de leur utilisation et bien évidemment de ladisponibilité de l'eau. Dans les zones de parcours, seules l'alimentation humaineet animale en eau est importante, alors que dans les périmètres irrigables cestrois données se combinent et se complètent. Ces trois données permettentd'évaluer la quantité d'eau nécessaire dans telle ou telle zone ou région, àtelle ou telle période de l'année.Par ailleurs, ceproblème se trouve aggravé dans une grande partie de la steppe, par lesurpâturage qui constitue l'action la plus dévastatrice sur la végétationpérenne et le principal facteur de désertification. Le cheptel en surnombre détruitle couvert végétal protecteur, tout en rendant, par le piétinement la surfacedu sol pulvérulente. En tassant celui-ci, il réduit la perméabilité donc lesréserves en eau et augmente le ruissellement. Cette eau il fautsurtout ne pas la perdre. Sa rétention par des barrages collinaires ou desdigues en gabion lors des chutes de pluie transforment les terres en zoned'épandage qui va faire revivre et recréer le couvert végétal. Cette eau ilfaut aussi la chercher, creuser des puits ou des forages, l'extraire, lastocker, évaluer le débit, sa régénération dans le temps en vue de sonutilisation rationnelle et de sa destination. Son exhaure se faittraditionnellement presque partout à l'aide de motopompes ou de pompesélectriques alimentées par des groupes électrogènes ou connectées à dessystèmes photovoltaïques. Elle se pratique encore par traction animale. Unegrande partie de ces motopompes, des pompes électriques ou des groupesélectrogènes est importée. Leur fonctionnement nécessite un volume important decarburant. Leur maintenance, entretien ainsi que leur réparation exigent destechniciens compétents, disponibles et disposant de pièces de rechange. Ce quisemble ne pas être toujours le cas, notamment dans les zones isolées. L'importation desmoteurs et l'utilisation du pétrole comme source d'énergie (thermique ouélectrique) exercent une forte ponction sur les réserves en devises du pays.Les rejets de gaz dans l'atmosphère accroissent le niveau de pollution et denuisance pour l'environnement.ROLE DES ENERGIESRENOUVELABLES : L'ENERGIEEOLIENNEL'utilisationharmonieuse des différents types d'énergie dans la balance énergétique globaledu pays est un problème stratégique de première importance. Alors même que laplus grande partie du pays dans la zone nord, dispose de quantités suffisantesd'énergie, dans de nombreuses régions elle demeure souvent déficitaire ouinsuffisante. Voilà pourquoi, il est devenu urgent de développer de nouvellessources d'énergie, principalement solaires et éoliennes. Il serait hautementbénéfique et rentable que soit instaurée une véritable coordination etcoopération entre différents utilisateurs lors de l'achat ou l'acquisition deces équipements pour connaître leur réelle performance, rendement et adaptationà nos climats.Les possibilitésde leur utilisation pratique, en particulier l'utilisation de l'énergieéolienne, sont déterminées par de nombreux facteurs au nombre desquels troispeuvent être considérés comme essentiels:- L'introductionmassive de l'énergie à travers le pays et l'électrification de l'agriculture;- La mécanisationde l'agriculture et la mise en valeur des terres;- L'existenced'un marché mondial d'éoliennes de plus en plus performantes et dont le coûtest plus faible comparé aux moteurs à carburant liquide.Ces facteurs vontdéterminer les principaux axes de développement et d'études pratiques dans ledomaine des applications et de l'utilisation de l'énergie éolienne.Lesparticularités spécifiques de nombreux consommateurs d'énergie dans l'agriculture,exigent une approche adéquate dans la résolution des problèmes économique de ladistribution et de l'approvisionnement énergétique, parallèlement auraccordement au réseau électrique des villages agricoles, les silos, les grandstravaux de drainage, de distillation, de conservation, de réfrigération,d'irrigation,... Il est aussi important de fournir l'énergie aux petitsconsommateurs: exhaure de l'eau dans les zones de parcours pour la consommationhumaine et animale, l'irrigation, l'habitat isolé et dispersé, lestockage/rétention ...Les référencesmondiales, principalement dans les zones bien ventées, prouvent que le coûtunitaire du kWh fourni par des groupes électrogènes est 2 à 4 fois plus cherque celui fourni par un moteur éolien d'égale puissance. Ce qui faciliteénormément les problèmes d'entretien et de maintenance et permet de faire deséconomies substantielles en carburant.Le raccordementau réseau de nombreux utilisateurs de faible consommation est peu probable.Cela nécessiterait un investissement en capital et en matériel d'un côutexcessif pour un amortissement nul ou négatif. La faisabilité économique del'utilisation de l'énergie éolienne dans les buts indiqués est aujourd'huieffective et est confirmée par l'expérience partout à travers le monde. POTENTIEL EOLIENLes travauxeffectués par de nombreux chercheurs nationaux [1] - [5] prouvent à l'évidenceque le pompage éolien peut être pratiqué partout à travers la steppe, comptetenu des faibles vitesses de démarrage des éoliennes lentes et du potentielvent disponible .Les vitesses moyennes mensuelles et annuelles calculées àpartir des données météorologiques (Voir tableau 1 et Fig.1) sont supérieuresou égales à 3m/s et leur durée dépasse les 4.000h par an. Cela démontre quel'énergie éolienne pour l'exhaure de l'eau peut être pratiquée à grandeéchelle.DEVELOPPEMENT DURABLELa steppe occupeune superficie de 32 millions d'hectares dont 12 millions en zonesprésahariennes avec une population de 7,2 millions d'habitants répartis sur 23wilayas.Le cheptel deszones steppiques a vu sa taille passer de 7 millions à plus de 18 millions de1995 à 2005. Il exerce une pression énorme sur les ressources naturelles etparticipe à la dégradation des sols. Sa croissance est rapide dès lors que lesconditions climatiques sont favorables. Elle s'explique aussi par la demandecroissante en viande ovine et la haute rentabilité de l'élevage ovin en zonesteppique et la gratuité des fourrages. Cette production croissante en viande al'avantage de réduire sensiblement les importations massives qu'avait connuesle pays de par le passé. Cependant, etnotamment lors des périodes de sécheresse, l'alimentation en eau des troupeauxest un facteur déterminant pour leur maintien et leur survie.La mise en placed'un grand nombre de points d'abreuvement devra donc permettre d'éviter auxtroupeaux de longs parcours et aux petits éleveurs qui n'ont pas les mêmesmoyens que les gros éleveurs, d'abreuver leurs troupeaux. Ces points d'eau etles zones d'épandage permettront aussi le développement des pâturages, lapratique de la céréaliculture et le développement de l'agropastoralisme(quoique rudimentaire) destiné essentiellement à l'autoconsommation et doncconcourant à la diminution de la pauvreté et de l'exode rural. La mise endéfens entreprise par le Haut Commissariat au Développement de la Steppe aréduit sensiblement l'avancée du désert et permis de récupérer plus de 3millions d'hectares. Ces actions ont permis le retour de centaines de famillesqui avaient quitté leur terre à cause de la sécheresse, la dégradation des solset l'insécurité. L'utilisation de l'énergie solaire pour le pompagephotovoltaïque (PV) et l'éclairage a connu un engouement évident auprès despopulations malgré le prix encore élevé comparé à celui de l'énergie éoliennequi, malheureusement, n'a pas connu l'enthousiasme des décennies précédentespour les éoliennes , qui pourtant étaient fabriquées localement à l'usine ElHayat à Laghouat. Voilà un créneau porteur qui s'ouvre à nos entrepreneurs Il serait certainement sage et judicieux decoordonner les achats des panneaux PV dont les rendements ainsi que les prixvarient d'un fournisseur à un autre et de s'appuyer sur les recommandations desspécialistes du Centre du Développement des Energies Renouvelables à Bouzaréah.Ainsi, sur la base de la demande et des besoins de l'agriculture, del'hydraulique et d'autres secteurs, nous pouvons prévoir l'installation d'aumoins 15.000 éoliennes à travers le territoire national. Une éolienne bienentretenue, d'une puissance de 1kW, a une durée de vie de 25 ans. Son coûtactuel (achat, installation, maintenance et entretien) est environ de 400.000DAl'unité installée. Fonctionnant 4.000 heures par an, en supposant le prix derevient du kWh équivalent à 10DA, elle est amortie au bout de 10 ans. Les 15années à venir permettent de faire une économie de presque 600.000DA. Celaéquivaudrait à préserver 41 tonnes de pétrole par éolienne, soit en d'autrestermes l'équivalent de 8600 dollars US par an au prix de 30$ le baril dupétrole .Par contre une motopompe, bien entretenue a une durée de vie moindre -10 ans. Elle nécessite carburant et lubrifiants, des pièces de rechange, pastoujours disponibles, qu'il faut ramener, souvent de loin, et un entretienrégulier. Les statistiquesnous prouvent qu'une motopompe d'une puissance de 1kW coûte 400.000 dinars. Lesdépenses annuelles en carburant et en pièces de rechange sont comprises entre100.000 et 500.000 dinars. En ne prenant que le chiffre de 100.000 dinars, nousaboutissons a une dépense globale par puits à 1.400.000 dinars et donc à unedépense de 21 milliards de dinars pour l'ensemble des 15.000 puits en 10 ans.Le coût total sur 25 ans des motopompes s'élèverait alors à environ 52milliards de dinars, alors que celui des éoliennes n'est que de 6 milliardsdinars, soit 7 fois moins. Nous voyons que nous pouvons réaliser une économiede 46 milliards de dinars, soit l'équivalent de plus de 500 millions d'Euros.Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Alors, avec le vent, rendons vert la steppeet le désert !Référence 1. H.Bensaad.Perspectives d'utilisation de l'énergie éolienne en Algérie. RévolutionAfricaine, N° 1089, pp 32-34, 1985.2. H.Bensaad. TheAlgerian programme on wind energy, 7th BWEA, Oxford University, 1985.3. H.Bensaad. Windspeed and wind energy potential in Algeria. 1er Séminaire international surl'utilisation de l'énergie éolienne dans le monde arabe. Alger, avril 1988.4. R.Hamouche.Atlas vent de l'Algérie. ONM/OPU, Alger 1990.5. N.KasbadjiMerzouk. Wind energy potential of Algeria. Renewable Energy 21, 2000 p.533-562
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Hocine Bensaad: Expert/Consultant - Wind Energy Disaster Management & Disaster Risk Reduction
Source : www.lequotidien-oran.com