C'est dans un 'silence de cathédrale" que les préparatifs de la visite de travail du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui sera accompagné d'une importante délégation ministérielle, dans la région de Laghouat, ont été minutieusement réglés par les services de la wilaya en coordination avec les services de sécurité.
La rétention de l'information par la cellule de communication de la wilaya étant de mise, mais il aura suffi aux confrères de la presse de constater les travaux fraîchement réalisés pour connaître le trajet qu'empruntera le Premier ministre. Pour rappel, Laghouat constitue, à côté de Ouargla, un des fiefs de la contestation et de la colère des populations du Sud. On se souvient que c'est dans ces deux villes que la révolte des chômeurs a commencé. C'est dans un climat social en ébullition que le Premier ministre procédera notamment à l'examen de l'état d'exécution et d'avancement de plusieurs projets socioéconomiques dans plusieurs communes, avant de présider une réunion élargie aux représentants de la société civile, apprend-on de sources crédibles. Cette visite de travail est donc une opportunité qui servira pour les Laghouatis, une tribune pour faire relayer les préoccupations d'une région laissée à l'abandon depuis 1965. En effet, en plus des chômeurs qui sont dans l'expectative de ce que Sellal amènera dans sa valise pour relancer la croissance économique dans cette région du sud du pays, le moyen idoine pour la création de la valeur ajoutée qui fait défaut et, par ricochet, la création de l'emploi, les citoyens expropriés dans le cadre des réserves foncières communales ne manqueront pas de faire entendre leur cri de détresse afin qu'ils puissent être indemnisés par l'Etat, pour leurs terres nationalisées depuis des décennies. En effet, ces expropriés, notamment Djekidel Laïd, veuve Hadj Aïssa, née Z. Boudaoud, consorts Rezzoug et Boucherit, héritiers Bouameur Mohamed et les héritiers de Kada Hadj Ahmida, ont fini par perdre espoir et ne savent plus à quel saint se vouer. 'Il serait judicieux que les services compétents se penchent particulièrement sur les levés topographiques des biens privés dont les propriétaires ne cessent de harceler mes services, réclamant ainsi l'indemnisation de leurs terrains", a précisé le P/apc dans sa lettre n°1653/S.4/RFC du 8 septembre 1984, adressée au sous-directeur des affaires domaniales et foncières de la wilaya. Approchés par Liberté, ces expropriées, désormais victimes de déni de droit, ont saisi cette occasion pour nous dévoiler des centaines de correspondances datant des années 1980, adressées aux autorités locales et centrales. Correspondances demeurées lettre morte quand ils ne reçoivent pas de réponses expéditives classiques du genre : 'Nous avons transmis votre lettre aux services compétents pour étude."
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Arezki BOUHAMAM
Source : www.liberte-algerie.com