
La dune et la palmeraie, une image d'Epinal souvent entretenue par le mirage du désert ont une raison dont l'homme s'est rendu complice pour perpétuer les mystères d'une insaisissable beauté d'oasis. A l'enceinte même de ce vallon sorti tout droit de nulle part, le temps s'est figé sur un passé qui a pris le nom de Sidi Khaled. Les effluves de ce pittoresque endroit ont redoublé de senteur hier, avec la disparition du grand chanteur de la chanson bédouine Khelifi Ahmed. La nature l'a préparé pour nous quitter en plein période d'ensemencement du palmier qui fut la muse de sa vie. Du haut de sa stature princière, le chantre de la chanson bédouine à mené son dernier combat pour s'éteindre au rythme d'un sablier marquant une longévité débordante de création et d'innovation dans le chant bédouin. L'homme, templier de la culture nomade n'a de cesse lutté pour porter la voix du Sud vers le Nord et marqué une jonction identitaire nationale unique dans le monde. Il a réussi à faire parler le désert et lui arracher son silence apocalyptique. « Guelbi Tfkar Ouarban Rahala » (mon c'ur se souvient des Arabes nomades) un morceau d'anthologie qui met sur scène la longue procession de caravanes montés de palanquins abritant jalousement les belles dulcinées vers leur nouvel demeure. C'est de ce triangle d'or de la poésie bédouine Sidi Khaled Laghouat et Msila , que partit le plus grand mode de chant « Aye Aye » prôné par Khelifi Ahmed, la voix ténor dont il dispose à dépassé les frontières pour devenir un étalon de mesure vocale universelle. Né en 1921, à Sidi Khaled (Biskra) Khelifi Ahmed est le plus célèbre chanteur du genre bédouin. A partir de 1949, il adopte un style pittoresque qui lui vaut une exclusivité dans le répertoire du chant arabe qu'il n'abandonnera jamais plus et à qui il donnera les plus belles lettres de noblesse. Il fit cas d'école dans le chant melhoun, en alignant judicieusement les textes des prestigieux cheikhs du XVIIIe siècle Benguittoun, auteur de Hizia, et le célèbre auteur erotico mystique Benkerriou de Laghouat et enfin Cheikh Smati. C'est dans ce riche brassage que Khelifi fera la synthèse en poussant sa puissance vocale sur le mode aigu pour chanter d'enivrantes complaintes là où fleurissent les plus beaux palmiers....
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Bentaleb
Source : www.horizons-dz.com