Laghouat - A la une

Et vive la rumeur !



Et vive la rumeur !
Le président Bouteflika a renoué avec le terrain à Laghouat. De l'avis des observateurs, son pas alerte, son attitude joviale et son bain de foule laissaient présager du regain de forme du président de la République. S'il n'y avait pas eu ce maudit discours.
700 km pour 4 minutes de discours. Les envoyés spéciaux de la presse qui ont dû poireauter deux jours avant l'arrivée de l'avion présidentiel s'attendaient à un feu d'artifice oral. Certains annonçaient un discours-programme alors que d'autres affirmaient que Bouteflika allait parler de tout ce qu'il a refusé de dire depuis avril dernier et son discours à la nation.
On attendait fébrilement que la parole présidentielle retrouve le verbe, quels que soit son éclat et sa verve au demeurant, qu'elle retrouve, tout au plus, un semblant de phonétique. En somme des décibels. Un discours annoncé sur les réformes politiques, les bouleversements régionaux, le retour bruyant des islamistes ou, du moins, sur la fronde sociale qui grossit. Un discours qui trancherait le cou à ces conclaves ministériels où l'image d'un Président engoncé dans son costume distille des directives muettes à des ministres travailleurs. Du moins à l'image.
Ce discours annoncé n'est jamais arrivé. À Laghouat, le Président s'est contenté du minimum syndical de la communication, expédiant quelques poncifs sur une année universitaire qui en est déjà à sa moitié, en ne convoquant ni l'éloquence, ni l'envie, ni la manière. L'encéphalogramme de la parole n'a pas fait un pic et les journalistes s'apprêtaient à retourner, bredouilles, à leur rédaction avec l'insoluble évidence que le Président a parlé. Mais trop peu. Autant dire pas du tout.
C'était sans compter sur l'ingéniosité des services de la Présidence qui, dans le tourbillon des steppes de Laghouat, ont eu la malencontreuse audace de distribuer le discours de Bouteflika. Un vrai. Un texte, qui excède les 4 minutes, que le Président a prononcé, ouvrant ainsi, davantage, le terrain aux spéculations les plus classiques sur son état de santé. Quelques feuilles qui ont mis à plat la démonstration de vigueur du Président auprès des Laghouatis.
Dans le langage policier, une telle erreur s'appellerait une bavure. En communication, ça s'appelle un homicide. En distribuant ce discours que le Président n'a pas pu ou voulu prononcer, la présidence de la République envoie un message qui n'est pas du tout sibyllin et qui ne fera que faire enfler les rumeurs : Bouteflika n'est pas en forme. Soit, exactement contre quoi lutte le Président. La rumeur.
M. B.
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