Les milliers d'hectares de terres mis en défens par la Conservation des forêts, la Générale des concessions agricoles et la direction des Services agricoles de la wilaya d'El-Bayadh, à travers les communes de Kef Lahmar (daïra de Rogassa) et de Tismouline (daïra de Bouktoub) risquent de partir en fumée, dans les tout prochaines semaines. Des centaines de troupeaux d'ovins, menés par des pasteurs venus des wilayas de Djelfa et de Laghouat, essaiment les parcours du territoire de ces deux chefs-lieux de commune. Rien ne peut arrêter l'avancée de ces milliers de têtes de race «Hamra» vigoureuses, qui déracinent les espèces fourragères introduites dans des régions déjà affectées par l'avancée inexorable du sable. Là où ces troupeaux passent, l'herbe, nous dit-on, ne repoussera plus. Les directeurs de ces trois secteurs s'affolent et s'arrachent les cheveux! Pas moins de 100.000 têtes de moutons sillonnent ces régions à la recherche de pâturage. Le pacage illicite n'est que le cadet des soucis des pasteurs qui ne connaissent aucune barrière, fusse-t-elle de la loi et le laxisme des présidents des APC de Tismouline et de Kef Lahmar y est pour beaucoup. En effet, aucun d'eux ne s'est inquiété face à cette situation préjudiciable à leur patrimoine floristique qui subit actuellement l'une des pires dégradations, jamais vécue par le passé. La sécheresse qui prévaut, actuellement, dans les wilayas de Djelfa et de Laghouat ne peut, à elle seule, justifier le pacage illicite dans des régions aussi sensibles aux effets de la désertification pour son sauvetage d'une mort lente et sûre. La wilaya ne peut, à elle seule, limiter les dégâts occasionnés par le pacage illicite qui a pris, aujourd'hui, des proportions inquiétante et exiger des maires de Tismouline et de Kef Lahmar qui réside à El-Bayadh, en dehors de sa circonscription électorale, de veiller sans relâche sur les terres mises en défens, n'est que pure utopie. Des frictions entre des pasteurs de la région d'El-Bayadh et ceux des wilayas de Djelfa et de Laghouat sont quotidiennes et ont pour origine l'empiétement des zones protégées ou boisées qui, nous dit-on, ressemblent à un magasin de porcelaine après le passage d'un éléphant. L'atriplex et d'autres espèces fourragères, nouvellement introduites sur plusieurs centaines d'hectares, au prix d'efforts surhumains, depuis ces quatre dernières années, ne font, désormais, plus partir de la végétation des hautes plaines steppiques. Une seule question taraude l'esprit des petits éleveurs de ces deux communes: où sont donc passés leurs élus locaux pour stopper ces vagues de troupeaux de moutons qui déferlent, sans discontinuer, sur les terres mises en défens? Les moyens de lutte contre ce fléau qui gangrène les terres de parcours qu'est le pacage illicite, sont dérisoires et très réduits. Sans une prise de conscience réelle, collective et intersectorielle, le pire est à craindre dans les tout prochains mois. Pourquoi ne pas instituer des autorisations de circulation inter-wilayas pour ces pasteurs venus de contrées lointaines et limiter, aussi bien les couloirs et les zones de transhumance ainsi que le nombre de têtes, pour protéger, un tant soit peu, les parcours? nous confiera un éleveur de la région devant cette situation qui devient, de plus en plus critique et alarmante à la fois. En un mot, dira-t-il, il s'agit de règlementer la transhumance, ce qui évitera nécessairement la propagation des maladies qui affectent le cheptel non vacciné. A la wilaya, on parle déjà d'une veillée d'armes et tous les moyens légaux seront mis en oeuvre pour la protection et la préservation des terres mises en défens.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Hadj Mostefaoui
Source : www.lequotidien-oran.com