
Entre eux, le courant ne passe plus. L'opposition et le pouvoir sont déterminés à ne plus s'entendre. Les deux parties s'amusent à s'échanger des tirs croisés par presse interposée. Malgré les nombreuses initiatives lancées, de part et d'autre pour une sortie de crise, le fossé s'élargit davantage entre le pouvoir et l'opposition. Quand l'un propose, l'autre rejette. L'un accuse, l'autre lui renvoie la balle. Entre eux, c'est l'incompréhension totale. Alors que chacun de son côté développe ses positions et pose ses conditions, le message ne parvient pas.Les deux parties ne semblent pas prêtes à s'asseoir à la même table. Ni la présidentielle, ni au moins les consultations sur la révision de la Constitution n'ont réussi à briser la glace entre le pouvoir et l'opposition.Adoptant des démarches diamétralement opposées, les deux parties s'engagent dans un véritable dialogue de sourds. Le pouvoir a été le premier à faire le premier pas. Sachant qu'aucun projet ne peut se faire sans la participation de toutes les forces du pays, le gouvernement a invité l'opposition à participer à l'élection puis aux consultations sur la révision de la Constitution. Une invitation qui a été rejetée faute de garanties sur ces conditions exigées par l'opposition. Le front du boycott a été une réponse cinglante à la démarche du gouvernement. En guise de représailles, ce dernier tourne le dos au projet de l'opposition, à savoir la période de transition. «Nous n'allons pas retourner en arrière», a martelé M.Sellal lors de son intervention devant les sénateurs, une réponse qui se veut un message clair à l'opposition qui tenait sa conférence pour la transition.Alors que l'opposition persiste et signe que la période de transition est la seule issue pour sortir de la crise actuelle, le pouvoir dit niet. Devant cet entêtement, les deux parties s'engagent à faire cavalier seul.Le pouvoir veut à tout prix appliquer sa vision avec ou sans l'opposition. Celle-ci tente de son côté de mener un processus de changement, loin des arcanes du pouvoir. Pour les observateurs de la scène politique, aucun projet de société ne peut être réalisé sans l'implication de toutes les forces politique du pays incluant le pouvoir et l'opposition. D'ailleurs, plusieurs parties et personnalités sont parvenues à cette conclusion. L'ex-chef de gouvernement, Mouloud Hamrouche, a soutenu cette thèse. Intervenant lors d'une conférence qu'il a animée, samedi dernier à Laghouat, M.Hamrouche a mis l'accent sur la nécessité d'aller vers un large consensus national et de dialoguer avec toutes les composantes de la scène politique algérienne, y compris le pouvoir. Convaincu, l'ex-chef de gouvernement estime que c'est le seul moyen de garantir à l'Algérie une sortie de crise sans heurt ni violence, et l'édification d'un Etat moderne. «On ne doit pas attendre une implosion ou un effondrement, alors qu'il y a des possibilités de solution. Evidemment, sans un travail sérieux et une mobilisation raisonnable, on ne peut pas éviter l'effondrement et c'est ce qu'il faut précisément éviter au pays», a-t-il averti.Le Front des forces socialistes partage également cette thèse. Pour le FFS, une sortie de crise impose l'implication de toutes les forces politiques, sans aucune exclusion. C'est pourquoi, il vient de donner son accord pour la participation aux consultations sur la révision de la Constitution. Tout en prenant part à la conférence de la Cltd la semaine dernière et en donnant son accord à la commission de Ouyahia, le FFS veut se placer en intermédiaire entre les deux parties. L'Alliance nationale pour le changement (ANC), qui regroupe des anciens du FFS et des islamistes du FIS dissous, affiche sa disposition à dialoguer avec le pouvoir en place pour une sortie de crise qui mettra le pays sur la voie de la démocratie. Dans une déclaration rendue publique hier, l'ANC a réitéré sa disposition à participer à un changement réel à travers une période de transition consensuelle incluant le pouvoir actuel.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nadia BENAKLI
Source : www.lexpressiondz.com