Laghouat - A la une

Autoritarisme et laxisme



Autoritarisme et laxisme
Le pouvoir actuel vient de franchir un pas de plus dans sa tentation autoritaire en interdisant, au dernier moment, une réunion de partis de l'opposition sous un fallacieux prétexte. La justice a, par ailleurs, eu la main lourde à l'encontre de jeunes chômeurs et de militants de droits de l'homme en les condamnant à la prison ferme pour avoir manifesté devant le tribunal de Laghouat.Une audience à huis clos expéditive, dénoncée par la défense. A Tébessa, Abdessami Abdelhai, correspondant de la Radio nationale, attend dans sa cellule depuis plusieurs mois d'être jugé et ne connaît toujours pas les charges retenues contre lui.Le journaliste est détenu pratiquement au secret ! Une situation qui n'a rien à envier à celle vécue sous des dictatures. Quelques exemples parmi tant d'autres.Malheureusement aujourd'hui chez nous, les atteintes aux droits de l'homme ne se comptent plus de la part d'un pouvoir qui ne s'encombre plus ni des principes de la Constitution comme les droits de réunion ou à la défense ni de conventions internationales pourtant ratifiées par l'Algérie.Une situation que beaucoup ne comprennent pas et où l'on voit un pouvoir «prompt à dégainer» face à des revendications citoyennes des plus légitimes, alors que par ailleurs, il fait preuve d'un laxisme inexpliqué face à des comportements révoltants, voire même complices. Comme celui de Madani Mezrag justifiant les assassinats commis par son organisation terroriste l'Armée islamique du salut, par de la «légitime défense» sans qu'il soit, le moins du monde, inquiété ni par la justice ni par une quelconque autorité administrative.Des propos insultants à l'égard des milliers de victimes du terrorisme et de leurs familles. Familles oubliées par une «réconciliation nationale» qui les a privées du droit de justice et culpabilisées par un pouvoir autoritaire quand il s'agit du devoir de mémoire pour toutes les victimes de la «décennie noire».Un sentiment d'injustice largement partagé que vient accentuer des propos d'Anouar Haddam et consorts qui, toute honte bue, revendiquent aujourd'hui les milliers d'assassinats terroristes.Que dire alors et que ressentir encore quand les assassins d'hier se payent le luxe de se réunir en congrès, sans avoir à en demander l'autorisation au wali ou à une quelconque autorité et se permettent, sans le moindre complexe, de revendiquer une réhabilitation politique !Comment ne pas croire, dans de telles conditions, que tous ces Algériens victimes du terrorisme sont morts pour rien soit pour avoir fait leur devoir, soit tout simplement pour avoir refusé de subir le diktat de l'intégrisme, de l'intolérance. Dès lors, plus rien n'empêche de croire que, quelque part, l'autoritarisme trouve son compte dans de telles situations. Inadmissible !


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