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Algérie-France : une symphonie pour 2012, n'a pas été programmée en Algérie Salim Dada. Compositeur et musicologue



Algérie-France : une symphonie pour 2012, n'a pas été programmée en Algérie                                    Salim Dada. Compositeur et musicologue
La musique de Salim Dada est jouée à New York, Rio, Rome ou encore en Suisse, mais pas en Algérie. Le compositeur algérien présentera, demain à Stains (Paris), sa nouvelle composition symphonique Tableaux d'une vie arabe avec la projection vidéo des tableaux d'Etienne Dinet.
-Qu'est-ce qui caractérise votre poème symphonique Tableaux d'une vie arabe '
Cette composition parle d'une action de jeunes artistes, elle porte un message politique fort explicite, et enfin, il s'agit d'un réel engagement pour une nouvelle création contemporaine. Commandé en France par le Fonds d'action Sacem et l'orchestre symphonique Divertimento, le cycle intitulé «Algérie-France : une symphonie pour 2012» a porté en avant les deux récentes compositions symphoniques d'Olivier Penard et la mienne, respectivement Prélude au livre des haltes et Tableaux d'une vie arabe. Dans ce diptyque musical, je me suis laissé inspirer par les toiles d'Etienne Dinet et les récits de son ami de Bou Saâda, Slimane Ben Brahim. Quant à Olivier Penard, qui est l'un des jeunes compositeurs français les plus prolifiques, il a choisi comme argument de sa composition une poésie soufie de l'Emir Abdelkader.
Dans le cycle de l'orchestre Divertimento, on retrouve également des 'uvres orientalistes de compositeurs français (Salvador-Daniel, Saint-Saëns, Aubert, Tomasi) et des mélodies traditionnelles algériennes orchestrées, présentées par l'ensemble Emedyez et Amel Brahim Djelloul. Cette grande ossature instrumentale est dirigée par la jeune et brillante chef d'orchestre franco-algérienne Zahia Ziouani. Pour mon poème symphonique Tableaux d'une vie arabe, une douzaine de dates sont prévues en France, notamment dans le cadre de «2013 : Marseille, capitale européenne de la culture».
-Quelle est votre inspiration lorsque vous composez '
La rue m'inspire, la marche à pied, le vélo, le train du soir (pas le métro !), les discussions tranquilles avec les amis, la lecture, la peinture, le cinéma, le sport, le grattage de ma guitare et dernièrement ma petite fille de deux ans ! J'aime observer les gens, ça me nourrit des émotions et des expressions émanent. Les causes humanitaires et l'engagement environnemental réussissent eux aussi à me motiver. En fait, quand je compose, je suis surexcité et sensible à tout ce qui bouge, c'est pour cela que j'évite durant cette période d'écouter la musique des autres, ce qui dure parfois des semaines.
En revanche, j'éprouve un grand plaisir à la lecture, à l'exercice physique comme compensation et aux escapades méditées dans la nature. Je dois dire également que l'image me stimule beaucoup. Depuis ma petite enfance, j'ai excellé dans le dessin et la peinture ; faire des portraits me passionnais énormément. A l'université, je vivais de ça. Je possédais un atelier où je travaillais mes commandes à temps partiel. Sporadiquement, j'éprouve encore des fièvres photographiques au contact d'un bon reflex.
-Pensez-vous présenter ce poème symphonique en Algérie '
Prochainement, je serai joué à New York, Rio, Rome et en Suisse, ma musique sera enregistrée en Argentine, à Hambourg et à Torino. Ma résidence de compositeur avec le Divertimento a été prorogée jusqu'à 2015, avec trois créations symphoniques attendues et des dizaine de concerts par an. Malheureusement, le projet de présenter le cycle «Algérie-France : une symphonie pour 2012» en Algérie n'a pas eu le suivi espéré. A ce jour, aucune date n'a été programmée ! Après quatre années d'absence de la vie musicale et culturelle en Algérie, l'un de mes souhaits les plus chers serait de pouvoir apporter mon expérience et mon savoir-faire à mon pays et les partager avec mes compatriotes.
Ma résidence de compositeur avec l'Orchestre symphonique national d'Algérie (2006-2009) était très fructueuse : sept créations symphoniques et une trentaine de concerts dans tout le pays. La musique du film Ben Boulaïd que j'ai composée à Laghouat et enregistrée sur les hauteurs du Tyrol en 2008 était une grande performance. Les maintes collaborations avec les troupes de théâtres et le Ballet national. Ça me désole de voir s'évaporer gratuitement tout cela, dans le sens où il n'y a pas eu de suite depuis mon installation en Europe, alors que ça devrait être le contraire, notamment avec toute l'ouverture culturelle que vit le pays depuis 2007. Sur des projets sérieux dans les domaines du cinéma, de la musique et de l'enseignement artistique, je serai toujours disponible à y participer pour l'épanouissement tant souhaité de la culture algérienne.
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