Jijel - A la une

Omicron se propage à Jijel



La vague de contaminations au variant Omicron, est sur toutes les langues à Jijel. Spécialistes ou pas, tout le monde s'est mis à disserter à sa manière sur ce variant, hautement contagieux selon les spécialistes, pour s'accorder à dire qu'il s'est réellement installé.D'abord, c'est le Dr Kherrab, médecin libéral, spécialiste en pneumo-phtisiologie, installée à El-Milia, à l'est du chef-lieu de la wilaya de Jijel, qui fait le constat : ce variant est devenu le premier motif de consultation. Dans son cabinet encombré de malades, venant consulter pour ce motif, elle accorde le temps qu'il faut à chacun.
"J'ai moi été contaminée à deux reprises depuis l'installation de cette pandémie. J'ai fait ce que j'ai pu pour ne pas laisser tomber mes malades", confie-t-elle pour signifier que cette situation est également difficile à gérer pour les médecins, y compris ceux du secteur libéral.
Et pour cause, à 14h passées, cette femme est encore là pour recevoir des malades, masques sur le visage, attendant leur tour dans une stricte distanciation physique. Le silence est total dans son cabinet où plane l'ombre d'un variant invisible mais redouté.
Autant dire que la situation est la même dans les autres cabinets médicaux où, souvent, il est difficile de prendre un rendez-vous pour une consultation. Idem dans les structures de santé publique, encombrées de malades venant consulter pour les mêmes symptômes d'un variant qui semble n'épargner aucun foyer.
À l'EPH d'El-Milia, la situation semble toutefois maîtrisée dans les services d'hospitalisation. "Les malades qui arrivent ont besoin d'oxygène. Souvent ils sont admis dans une phase difficile, mais la situation semble se stabiliser. Nous n'avons pas de malade en phase critique.
En réanimation, l'hôpital ne compte qu'une seule malade. Pour nous c'est un soulagement, surtout pour le personnel, lui-même atteint, qui peut respirer un tant soit peu", indique un chef de service. "Beaucoup de malades restent à la maison, où ils sont suivis en ambulatoire", s'accorde-t-on à dire dans cet établissement hospitalier.
"C'est plus ou moins stable, mais les malades continuent à affluer, les services sont toujours encombrés avec toutefois moins de décès", soutient, pour sa part, un infirmier qui a été de toutes les vagues dans le service Covid-19 à l'EPH de Taher. Paradoxalement, les mesures de prévention sont loin d'être observées.
Entre le "ce n'est qu'une simple grippe" balancé par des personnes prenant à la légère cette situation sanitaire préoccupante et les avertissements des médecins spécialistes, la négligence à l'égard des mesures à prendre peut être fatale.
"Par moments, je suis regardé de travers quand je suis le seul à porter une bavette", réagit, Moussa, paramédical, qui insiste sur le port du masque. Alertés de la rapidité de propagation du variant Omicron, certains se mettent néanmoins à porter ce moyen de protection. Sauf qu'il reste insuffisant.
Les mesures de distanciation physique sont aussi très souvent négligées. Devant un point de distribution de lait en sachet, à El-Milia, on n'hésite pas à se coller les uns aux autres dans une longue file d'attente sans tenir compte des risques de contamination dans une telle bousculade.
Dans les marchés, les boulangeries, ou autres endroits encombrés par une grande présence de citoyens, les gestes barrières sont abandonnés. Alors que sur les ondes de la radio locale, on relaie à chaque flash d'infos les dernières nouvelles de cette pandémie. On reprend les avertissements du DSP, qui incite au respect des mesures de distanciation physique et à la vaccination.
Le "vaccinez-vous" est repris tel un leitmotiv tout au long des émissions consacrées à cette pandémie. Sauf que là aussi, la réticence à l'égard de la vaccination reste un motif d'appréhension depuis l'installation du variant Omicron. "Avec ce variant, tout le monde risque d'être contaminé", avertit une spécialiste en épidémiologie sur les ondes de la radio locale.
Pourvu que cet avertissement soit entendu pour atténuer les effets d'un variant qui frappe à toutes les portes. Et pour cause, de nombreux citoyens sollicitent des attestations de confinement face à la flambée de cette vague épidémique, comme le note le Dr Boumaiza, médecin coordinateur du Semep de l'EPSP de Sidi Marouf. Il faut dire que depuis l'installation de cette pandémie, il y a deux ans, ce dernier s'est impliqué dans la gestion de cette crise sanitaire majeure.
Comme ses pairs de la corporation médicale, il n'hésite pas à lancer, à son tour, son appel à la vaccination. "Chez les personnes vaccinées, la contamination se manifeste par de simples symptômes sans complications", atteste-t-il. Pendant ce temps, des médecins et des infirmiers sont chaque jour contaminés à travers les établissements de santé.

Amor Z
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)