Jijel - Revue de Presse

Le rideau tombe dans l'affaire de la poste de Chelghoum Laïd



Le tribunalcriminel près la cour de Constantine a statué, tôt dans la matinée de jeudi,sur l'affaire du détournement de 9,238 milliards de centimes à la poste deChelghoum Laïd (wilaya de Mila). Au terme d'un procès marathon qui s'estdéroulé toute la journée de mercredi passé jusqu'aux premières heures de lamatinée de jeudi. Le jury rendra son verdict, après une séance de délibérationd'une heure, condamnant les deux principaux accusés, T.M et B.K à 10 ans deréclusion chacun, et A.K, connu sous le nom de Lamrabet, à 5 ans de prisonferme avec le remboursement solidaire de la somme détournée. Les 3 autres misen cause, les frères B.M et B.A ainsi que A.L, ont été acquittés.  Pour rappel, cette affaire a été reportée à 3reprises, les 25 juillet et 15 novembre 2006 et le 26 mars passé.  Le troisième report, rappelons-le également,a été décidé après un débat houleux entre le juge et le collectif des avocats.  Pour revenir aux faits, une plainte a étédéposée au mois d'octobre 2003 par le coordinateur de wilaya de Mila contreT.M, receveur principal de la poste de Chelghoum Laïd, et son intérimaire B.K,pour avoir détourné plus de 9 milliards de centimes. L'arrêt de renvoi faitressortir que T.M., en sortant en congé, n'avait pas remis les clés de lachambre forte à son intérimaire. Ce dernier a affirmé lors du procès, n'avoirpas été averti que le receveur sortait en congé et déclara que T.M avaitprolongé de 15 jours ses vacances passées à Jijel, et pris encore un congé demaladie de 10 jours.  A son retour de congé, le receveur déclaraità qui voulait l'entendre qu'il avait remis les clés du coffre-fort à sonintérimaire avant son départ en congé et qu'il avait procédé à une passation deconsignes. T.M tiendra les mêmes propos devant l'inspecteur général des postes,le directeur régional ainsi que le directeur de wilaya, quand ces derniers serendirent à Chelghoum Laïd pour enquêter sur la disparition des clés de lachambre forte. Mais, le receveur finira par présenter aux deux responsables ledouble des clés disparues, qu'il prétendait avoir caché dans une boîte. Enouvrant la chambre forte, les trois responsables accompagnés du chef de sûretéde la wilaya de Mila, ne trouveront que 1,9 milliard de centimes sur les 10milliards de centimes censés s'y trouver.  Suite à un contrôle des comptes effectué parl'inspecteur général des postes, un trou financier de plus de 9,238 milliardsde centimes fut découvert.  Devant le juge d'instruction, le receveur aavoué être l'auteur du détournement. Toutefois, ce mercredi à l'audience, ilnia tout en bloc. Rappelons que lors de l'audience du 26 mars dernier, le jugeavait lu une des nombreuses lettres envoyées par ce même accusé au procureur dela République et au président de la cour de Constantine. Dans cette lettre, lereceveur affirmait «avoir reçu la visite du procureur de la République auquelil demanda les raisons de la non-arrestation de Lamrabet pourtant impliqué danscette affaire». Le procureur de la République avait affirmé, toujours selon lespropos du receveur, que «Lamrabet est protégé par de hautes personnalités».  Interrogé par le juge, Lamrabet a affirmén'avoir aucune relation avec cette affaire en déclarant qu'il n'a connu lereceveur que le jour où ce dernier lui avait ramené à sa zaouia, située àTeleghma, son épouse qui souffrait de problèmes psychologiques.  Le procès, riche en révélations, s'estdéroulé dans une atmosphère électrique. Les accusés ainsi que les témoins, unedizaine de personnes, défilèrent devant le juge pour apporter chacun deséclaircissements sur cette affaire.  Appelés à la barre, le receveur et sonintérimaire se rejetaient l'accusation, et c'est le directeur de wilaya de Milaqui tranchera lorsqu'il dira que l'un autant que l'autre, n'ont pas respecté laréglementation en n'ayant pas procédé à la passation de consignes qui devait,précisera-t-il, être effectuée la veille ou au plus tard le premier jour ducongé du receveur. Le directeur de wilaya affirmera qu'aucun papier prouvantcette procédure n'a été trouvé. Le directeur régional affirmera à son tour queles clés originales de la chambre forte n'ont pas été également trouvées et quecelle-ci a été ouverte par un serrurier. L'intérimaire, un agent de guichet, qui nieratous les faits qui lui sont reprochés, révélera qu'à la prison d'El-Coudiat oùil était incarcéré, le receveur et Lamrabet, également emprisonnés seréunissaient chaque quinzaine au salon et ce, en présence de responsables decette même prison. «Lorsque j'ai eu connaissance de cela, on me transféra versla prison de Boussouf», déclara B.K. Dans un réquisitoire sans concession,l'avocat général requit une peine de 10 ans de prison ferme contre le receveur,son intérimaire et Lamrabet, 7 ans de prison ferme à l'encontre des frères, B.Met B.A, et enfin 3 ans de prison ferme contre A.L le fils de Lamrabet. Lecollectif des avocats qui passaient devant le prétoire, a plaidé la relaxe pourleurs clients.
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