L?expropriation de 229 hectares et 32 ares de terrain des habitants de Ouled Taffer pour utilisé publique, à savoir la réalisation du barrage de Kessir, à la frontière des communes de Jijel et El-Aouana, continue de susciter la grogne des habitants de ladite localité. En effet, les Ouled Taffer, dont la région a été fortement touchée par la décennie rouge et ses séquelles indélébiles, estiment que, «contrairement aux engagements des pouvoirs publics relatifs à une indemnisation juste et équitable des expropriés, l?expropriation pour la réalisation de cet équipement public a livré la population au chômage et à la paupérisation». Dans une enquête dont nous possédons une copie, les membres de l?association de Ouled Taffer estiment que la controversée expropriation, qui a provoqué, selon eux, un déracinement inutile et injustifié, a lieu sans respect des lois de la République car les Ouled Taffer estiment qu?ils étaient lésés dans leur droit légitime. Pour preuve, ils estiment que l?arrêté de cessibilité est pris sans tenir compte des réserves dans l?enquête menée par le second expert foncier désigné en 2004. Le président de cette association sociale de Touafra a rappelé qu?au départ, l?indemnité du mètre carré était de 50 dinars, avant d?être portée à 100 dinars, et une fourchette de 900 à 3.000 dinars pour les arbres, selon la variété. Selon notre interlocuteur, «dans ces conditions, il faut à un exproprié céder un terrain de 2 hectares à Kessir pour se permettre l?achat d?un lot de terrain de 100 à 150 mètres carrés à Jijel afin de construire sa nouvelle demeure. Il est précisé que plus de 30% des indemnisations n?ont pas dépassé la somme de 50 millions de centimes pour le bâti. Selon lui, une somme qui est en deçà de la valeur réelle de leur maison et les ressources générées par l?activité agricole dans cette région qui recèle un important potentiel agricole vu sa position au bord de l?oued. D?autre part, et dans une lettre au SG de wilaya en date du 25/01/2000, dont nous possédons une copie, le responsable en question «considère que les préoccupations exprimées sont légitimes, tout en rappelant les assurances données au cours de la réunion du 20/01/2000, qui font part de la volonté sincère de l?administration pour une prise en charge totale du dossier de l?expropriation de manière transparente, juste et équitable». Le président de l?association nous a fait une rétrospective concernant la commission qui a été installée pour étudier les différents volets et aspects du dossier de l?expropriation, notamment la question de la réalisation d?une cité pour le relogement des expropriés, dont un grand nombre sont entassés actuellement dans des garages et des baraques dans les quartiers de Rabta et El-Mekessabès à raison de 4.000 dinars/mois. Un paisible exploitant agricole qui était propriétaire de 2 hectares devient, du jour au lendemain, un SDF.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Bouhali MC
Source : www.lequotidien-oran.com