
En fait, il est attendu des militaires d'effectuer des ratissages dans certains endroits comme la forêt, où il est fait état depuis quelques temps déjà de la présence de «camps d'entraînement», de «caches d'armes», de «bandes cagoulées», etc. Ces bandes cagoulées seraient derrière les douloureux événements qui ont ensanglanté récemment la région, faisant 22 morts et des dizaines de blessés. Car, même si certains politiques et sociologues parlent d'une guerre ethnique, religieuse, économique (présence du gaz de schiste et pétrole dans le Sud) ou encore d'une tentative de déstabilisation étrangère, il est plus probable que le conflit à Ghardaïa ne soit, à l'origine, dû qu'à l'influence grandissante de groupes criminels qui contrôlent certains quartiers périphériques de Ghardaïa. A Ghardaïa, il y a toujours eu une harmonie entre les différentes communautés en présence, mais des «frictions» ont parfois été causées par des rivalités à cause du foncier (évènements de 1985) ou politiques (élections de 1990). L'aggravation de la crise depuis deux ans, même s'il n'est pas à exclure que des parties étrangères aient contribué à attiser le feu de ce conflit, ne trouve son explication qu'avec la prolifération de groupes criminels dont le vol est devenu l'une de leurs principales activités, avec ses corollaires d'agressions et incendies.Quelle que soit l'origine du problème, la situation à Ghardaïa s'est tellement détériorée que l'intervention de l'armée est devenue une nécessité incontournable. Surtout après la découverte d'armes introduites depuis la Libye.Hier, et dans l'espoir de maintenir le calme dans leur ville, les notables de Ghardaïa ont affirmé, dans un communiqué qu'ils ont rendu public, s'opposer à «toute atteinte à l'unité nationale». Les notables Ibadites du Ksar de Ghardaïa ont également «rejeté toute forme de violence» et dénoncé les actes criminels perpétrés contre des personnes et leurs biens, appelant les citoyens à se «conformer aux décisions de l'autorité publique pour dépasser cette situation douloureuse». «Le madjlis des notables s'oppose fermement à toute atteinte à l'unité du peuple et à l'intégrité du pays, et reste fidèle aux principes de la déclaration du 1er novembre 1954», ajoutent-ils, affirmant attendre de la dernière visite du Premier ministre dans la région, une «concrétisation des aspirations de la population à vivre dans la quiétude, la sécurité et la stabilité». Tout en se recueillant à la mémoire des victimes des événements de Guerrara, Berriane et Ghardaïa, ils ont exhorté les habitants de la région à «la retenue, à la sagesse et au bon sens». De son côté, le madjlis malékite a estimé, dans un communiqué, que les décisions énoncées par le Premier ministre à Ghardaïa ont été «toujours revendiquées par le conseil malékite». Il a exhorté l'ensemble des citoyens de Ghardaïa à se «conformer et à respecter l'autorité publique», avant d'appeler les habitants de la région à «la vigilance, à l'assiduité et à contribuer, au côté des autorités, au rétablissement de la paix et de la sécurité dans la région». Les notables, tant ibadites que malékites, de Ghardaïa ont également condamné les actes de «violence et d'incivisme» avant d'exprimer leur attachement indéfectible aux valeurs religieuses et démocratiques qui assurent un «vivre-ensemble dans le respect mutuel, en dépit des différences».De son côté, la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'Homme (Cncppdh) a appelé hier les habitants de Ghardaïa à la «sagesse» et à privilégier la voie du dialogue «serein» afin d'éviter à la région d'autres dérives. La Cncppdh a exhorté également les pouvoirs publics à concrétiser les dernières directives des plus hautes instances du pays, en vue de «rétablir l'ordre et le calme et promouvoir le développement socioéconomique local». Enfin le Calife général de la tidjania, Sidi Ali El Arabi Tidjani, a appelé les citoyens de Ghardaïa à faire prévaloir les valeurs de tolérance et de conciliation pour tourner la page après les incidents déplorables que la wilaya a vécus. Pour le Calife général, il s'agit d'aller dans le sens «du renforcement des démarches du président de la République Abdelaziz Bouteflika pour faire échec à toute velléité d'atteinte à la stabilité et à la sécurité du pays».H. Y.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hasna Yacoub
Source : www.latribune-online.com